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12 ans après, des lycéennes de Chibok toujours introuvables

14 avril 2026

Plus de 80 des 276 lycéennes de Chibok restent introuvables. Elles avaient été enlevées dans l'Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, par Boko Haram.

Nigeria | Photo de groupe des Mères de Chibok
L'enlèvement des filles de Chibok bouleverse encore plusieurs famillesImage : Azeezat Olaoluwa/DW

La bonne nouvelle est que beaucoup de ces filles de Chibok enlevées en avril 2014, ont été libérées et que certaines se sont échappées au fil des ans. Cependant, plus de quatre-vingts d'entre elles n'ont toujours pas réapparu. Certaines familles dont les filles ne sont plus revenues, vivent dans l'angoisse.  

Ruth, dont la fille est toujours portée disparue, témoigne d'une période éprouvante, mais garde espoir de pouvoir un jour revoir sa fille : "Je ne fais que pleurer et supplier le monde entier de bien vouloir aider à sauver non seulement ma fille, mais aussi les autres
filles disparues".

Vie difficile pour les rescapées

Au fil des années, bon nombre de filles ont pu donc s'échapper, tandis que d'autres sont rentrées après des négociations avec Boko Haram.

Mais la vie n'a pas été facile pour certaines de celles qui sont revenues. Maryam a retrouvé la liberté il y a dix ans. Elle a eu un fils d'un combattant djihadiste pendant sa captivité. A cause de son enfant, sa famille ne l'a pas pleinement acceptée depuis son retour : 

"Je pensais qu’ils seraient heureux de me voir et qu’ils m’accueilleraient bien, mais il n’en a rien été. Si des personnes extérieures à ta famille agissent ainsi, cela ne te dérange pas, mais quand ce sont ceux qui t’ont mise au monde, cela te fait de la peine."

Un retour difficile marqué également par une promesse non-tenue par le gouvernement nigérian : la plupart des filles rescapées de ce rapt, disent avoir reçu du gouvernement, la promesse de soutien pour la poursuite de leurs études. Jusque-là, ces filles restent chez elles, élevant des enfants qu'elles ont eu avec les djihadistes.

#BringbackourGirls, une campagne oubliée

En 2014, quand l'enlèvement a eu lieu, la campagne #BringbackourGirls réclamant la libération des filles a vu le jour. Plusieurs personalités, y compris Michelle Obama, alors première dame des Etats-Unis, ont pris part à cette campagne qui réclamait notamment des négociations avec Boko Haram pour le retour des lycéennes. Mais 12 ans plus tard, la campagne est tombée dans l'oubli. 

La campagne Bring back our girls tombée dans l'oubliImage : Olamikan Gbemiga/AP Photo/picture alliance

La plupart des filles étaient chrétiennes, entre 12 et 17 ans. Depuis ce kidnapping, le Nigeria en a connu plus d'un millier de cas pareils, une situation qui donne lieu à des critiques qui fustigent les faiblesses de l'appareil sécuritaire du pays.

Maryam Ali, la rescapée du rapt, s'en remet à la prière, en espérant que ses amies puissent retrouver la liberté. 

"Je prie pour que, si elles reviennent, on leur témoigne de l’amour, et qu’on ne les déteste pas à cause de ce qui leur est arrivé. Car ce n’est pas de leur faute", conclut-elle.

Le nord du Nigeria est connu pour des attaques de la secte islamique Boko Haram depuis plusieurs années. Les nombreuses interventions militaires dans les Etats concernés ne semblent pas pouvoir déloger les djihadistes qui occupent de larges pans de terre.

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