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Pourquoi l'aéroport de Niamey a-t-il encore été attaqué ?

19 juin 2026

En moins de six mois, l'aéroport Diori Hamani de Niamey a été la cible de deux attaques djihadistes. La dernière attaque a été revendiquée par les djihadistes du Jnim. Analyse.

Des Nigériens à l'entrée de l'aéroport Diori Hamani de Niamey
Des Nigériens à l'entrée de l'aéroport Diori Hamani de NiameyImage : Sam Mednick/AP Photo/picture alliance

Au Niger,la vie reprend son rythme habituel, après l'attaque qui a ciblé, hier, l'aéroport Diori Hamani de Niamey. Les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim, son acronyme en arabe), la branche sahélienne d'Al-Qaïda, ont revendiqué cette attaque. 

Le bilan fait état de la mort de onze soldats, de deux civils et de vingt-deux assaillants.    

Pour diverses raisons stratégiques, militaires et symboliques, l'aéroport international Diori Hamani à Niamey a été en effet visé deux fois par des groupes djihadistes. Ce n'est pas une coïncidence, car il joue un rôle central dans le système de sécurité du Niger et du Sahel. 

Opération d'évacuation de ressortissants européens de l'aéroport international Diori Hamani de Niamey le 2 août 2023Image : Stanislas Poyet/AFP

Complexe stratégique et militaire

Bien qu'il soit un aéroport à usage civil, en réalité, le site est un complexe stratégique et militaire de premier plan. Il accueille la et on y retrouve des drones, des aéronefs de guerre, ainsi que des installations de défense. 

L'aéroport international Diori Hamani de Niamey sert aussi de hub pour les opérations antiterroristes régionales, puisque c'est ici que se trouve le quartier général de l'opération conjointe Niger-Mali-Burkina Faso.  

En choisissant de s'en prendre à cette cible fortement symbolique, les djihadistes cherchent à démontrer leur aptitude à porter des coups et à faire comprendre que même la capitale n'est pas à l'abri, qu’elle n’est pas sécurisée. 

Des attaques malgré des mesures sécuritaires

Pourquoi les autorités militaires nigériennesne parviennent-elles pas à sécuriser cet endroit névralgique ?  

Il faut rappeler que juste après la première attaque djihadiste qui a visé l'aéroport de Niamey, fin janvier, les autorités militaires nigériennes ont initié une vaste opération de démolition des quartiers aux alentours de l'aéroport, dans le but de se prémunir contre la menace d’une nouvelle attaque. 

Des actions supplémentaires de sécurité ont été mises en place : les clôtures de l'aéroport ont été allongées et plus de 350 caméras de surveillance ont été mises en place.  Mais ceci n’a, en effet, pas empêché cette nouvelle attaque.  

L'analyse du journaliste Wassim Nasr

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Wassim Nasr, journaliste et spécialiste des mouvements djihadistes, estime que la proximité des djihadistes pourrait justifier la facilité avec laquelle ils ont attaqué l'aéroport de Niamey.  

Il explique que "c'est la capitale des pays de l'AES où les djihadistes sont les plus proches. On se rappelle que, par exemple, la prison de Koutoukalé (située à environ 50 km au nord-ouest de Niamey dans la région de Tillabéri) a été attaquée en 2016.

Il y a quelques mois (en octobre 2025, ndlr), un ressortissant américain a été kidnappé au cœur même de Niamey. Et même avant la première attaque de janvier contre l'aéroport, par l'État islamique, le Jnim avait posé un engin explosif sur une route de l'aéroport. Donc ils sont très présents depuis un certain moment autour de la capitale.

Surtout depuis que le verrou (militaire), plus au nord, qui était constitué à Youri et à Ouallam, n'existe plus.  Ça veut dire qu'il n'y a plus de forces capables de les stopper ou de les contenir. Dans cette région-là, les djihadistes continuent de mener des attaques partout et, en l'occurrence, dans la capitale." 

D'autres analystes attribuent la récurrencede ces attaques djihadistes en pleine capitale aux défaillances des services de renseignements et des forces armées nigériennes qui ne les voient pas venir. 

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