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Mort d’un étudiant à l’UCAD : les étudiants sous le choc

Sandrine Blanchard | Avec agences
11 février 2026

La mort d’un étudiant après une intervention policière à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar provoque la colère des étudiants.

Sénégal Dakar 2026 | Des étudiants quittent l’Université Cheikh Anta Diop après des affrontements mortels
Réputée en Afrique de l'Ouest, l'UCAD accueille plusieurs dizaines de milliers d'étudiants. Image : Patrick Meinhardt/AFP

Les étudiants du Sénégal sont toujours sous le choc de la mort de l’un d’entre eux, lundi (09.02). Abdoulaye Ba, étudiant en médecine, est décédé des suites de ses blessures après l'intervention de la police sur le campus de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

Une répression dénoncée par les étudiants

Les étudiants s'y mobilisaient depuis plusieurs jours pour réclamer le paiement de leurs bourses d'études.  Khadija Ndiaye, étudiante de 19 ans en deuxième année à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a participé aux manifestations.  

"C'était un désastre total, causé par l'État. Parce que nous ne voulons pas de problèmes. Nous sommes allés là-bas pour négocier. Mais au lieu de négocier, ils ont utilisé ce qu'ils appellent la force, ce qui a conduit à ce scandale. Aujourd'hui, ils essaient de dissimuler le crime qu'ils ont commis. Ils ont battu un étudiant, l'aîné de sa famille, qui était l'espoir de sa famille. Ils l'ont battu jusqu'à ce qu'il succombe (à ses blessures), jusqu'à ce qu'il meure" raconte l’étudiante scandalisée par la violence de la répression par les forces de sécurité. 

Les étudiants avaient déjà été au coeur d'une mobilisation durement réprimée, de 2021 à 2024, en soutien à Ousmane Sonko, devenu depuis Premier ministreImage : Patrick Meinhardt/AFP

Le gouvernement promet une enquête “impartiale”

Le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a annoncé l'ouverture d’une enquête. Devant la presse, il est revenu sur la genèse des affrontements.

"L'université avait communiqué en disant que les étudiants pouvaient venir se restaurer, mais sous la condition de présenter un ticket conformément à l'usage. La nuit, ils [les étudiants] se sont réunis pour dire qu'ils refusaient ce format et qu'ils allaient de force pénétrer les restaurants pour s'emparer de la nourriture. A défaut de quoi, les restaurants seront détruits et les infrastructures universitaires pillées. (…)  En tant que responsable de la sécurité publique, nous avions un devoir impérieux d'anticiper ces événements-là, parce que ce sont des biens publics ", a déclaré Mouhamadou Bamba Cissé.

Pendant plusieurs jours, un mouvement de contestation estudiantin a ébranlé l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) à Dakar, pour réclamer le paiement d'arriérés de boursesImage : Zohra Bensemra/REUTERS

"Et donc, la présence des FDS (forces de défense et de sécurité), à l'aube, s'inscrivait exclusivement dans un souci d'intervenir pour protéger ces biens publics. (…) Je comprends donc le choc, l'indignation et les interrogations qui s'expriment çà et là. Certaines sont même légitimes, je le reconnais, et peuvent se justifier. Je tiens cependant à rassurer tous les citoyens qu'une enquête est en cours pour établir les faits et circonstances qui ont conduit à ces incidents et tragédies", poursuit le ministre de l’Intérieur.

Le ministre déplore des violences "des deux côtés" et assure que l’enquête permettra de prendre des sanctions, y compris, donc, pour les représentants des forces de l’ordre qui auraient outrepassé "la simple gestion de l’ordre public".

Son homologue de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, reconnaît le "dysfonctionnement cyclique du système universitaire".

L'Etat s'est engagé

Quant à David Célestin Faye, le secrétaire général du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur, il rappelle aux autorités leur engagement d’aider les étudiants.

"Le Sénégal a décidé d'accorder des bourses à tous les étudiants. Il doit assumer la responsabilité de ce choix. Les étudiants ne sont pas un fardeau, ils constituent un investissement qui doit être soutenu."

La victoire de Bassirou Diomaye Faye et du parti Pastef à l'élection présidentielle de 2024, porté au pouvoir par la promesse d'une rupture, a suscité un grand espoir chez une jeunesse fortement engagée dans le combat qui a mené au pouvoir ce parti. Malgré l'élection des nouvelles autorités, la problématique de l'insertion des jeunes est toujours d'actualité en 2026.

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