Le Probo Koala, c'était il y a 20 ans en Côte d'Ivoire
19 août 2026
L’affaire des déchets toxiques déversés à Abidjan, en août 2006, reste l’un des plus graves scandales environnementaux de l’histoire de la Côte d’Ivoire, voire du continent.
Le 19 août 2006, le cargo Probo Koala, battant pavillon panaméen et affrété par la société de négoce Trafigura, débarquait plus de 500 tonnes de déchets toxiques dans la capitale économique ivoirienne.
Ces substances seront ensuite déversées sur plusieurs sites. La catastrophe a officiellement fait 17 morts et provoqué l’intoxication de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Des victimes qui souffraient notamment de difficultés respiratoires, de douleurs thoraciques et abdominales et de vomissements.
Il y a quelques années, l’une d'entre elles témoignait au micro de la DW.
"Quand il pleut, l'odeur envahit le village ici à la décharge ou ailleurs. Cela nous a rendus malades. Il y a (des femmes) qui ont fait des fausses couches ou des enfants malformés", déclarait cet habitant d'Akouédo l'un des quartiers d'Abidjan.
Des victimes toujours mécontentes
À l’origine, ces déchets auraient dû être traités aux Pays-Bas. Présentés comme de simples « eaux sales », ils ont finalement été transportés jusqu’en Côte d’Ivoire, où ils ont été déversés à ciel ouvert près de zones habitées. Les émanations toxiques ont provoqué de graves troubles sanitaires.
En 2007, une commission d’enquête internationale a estimé que l’affréteur du navire portait la responsabilité principale des dommages causés. La même année, Trafigura avait conclu un accord avec l’État ivoirien en versant 95 milliards de francs CFA (153 millions d’euros) en échange de l’abandon des poursuites.
Une partie de cette somme a servi à décontaminer les sites pollués et à indemniser certaines victimes.
Cependant, cette affaire continue de susciter la controverse. Des associations de défense des victimes dénoncent, depuis plusieurs années, des détournements de fonds et des irrégularités dans la gestion des indemnisations, estimant que de nombreuses personnes affectées n’ont jamais obtenu réparation.
En 2023, la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples a estimé insuffisant le dispositif d’indemnisation mis en place par la Côte d’Ivoire, et ordonné la création d’un fonds pour réparer les préjudices.
Selon Amnesty International, Trafigura a renoncé à faire traiter ces déchets aux Pays-Bas après la forte hausse du coût de l’opération. La société s’est alors tournée vers la Compagnie Tommy, une entreprise ivoirienne qui proposait une prise en charge à un tarif bien inférieur.
En novembre 2015, le gouvernement ivoirien annonçait avoir terminé la décontamination de tous les dépotoirs.