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En Ethiopie, Abiy Ahmed consolide son pouvoir

Avec agences
23 juin 2026

Le Premier ministre sortant devrait rester à la tête du pays après la victoire écrasante de son Parti de la prospérité aux législatives.

Abiy Ahmed, lunettes de soleil et souriant, au moment de voter et de déposer un bulletin dans une urne aux législatives
Après cette victoire, Abiy Ahmed pourra entamer un nouveau mandat de cinq ans à la tête du gouvernement éthiopien.Image : Ethiopia News Agency/Handout/REUTERS

La Parti de la prospérité (PP), le parti au pouvoir du premier ministre sortant Abiy Ahmed, a raflé 90% des sièges à la chambre basse du Parlement lors des élections du 1er juin dernier.

La nouvelle Chambre des représentants du peuple (HoPR) élira le Premier ministre à l'ouverture de la session parlementaire, entre fin septembre et début octobre.

Il fait peu de doutes que Abiy Ahmed sera candidat à sa propre succession à la tête de l'exécutif du deuxième pays le plus peuplé d'Afrique, comptant près de 130 millions d'habitants.

Salué à son arrivée au pouvoir en 2018 pour sa politique d'ouverture et la libération de prisonniers d'opinion et de journalistes, Abiy Ahmed est aujourd'hui de plus en plus critiqué à l'extérieur pour sa répression des voix dissidentes et des journalistes sont à nouveau derrière les barreaux.

Des régions sans élections

Selon la commission électorale (Nebe), le PP a obtenu 438 des 486 siègesfinalement attribués lors de ce scrutin.

38 sièges de la HoPR attribués au Tigré resteront vacants car, comme en 2021, le scrutin n'a pas eu lieu dans cet État régional septentrional, qui porte toujours les stigmates du conflit ayant opposé entre 2020 et 2022 les forces locales à l'armée fédérale. La guerre a fait environ 600.000 morts, et environ un million de personnes restent déplacées.

Les tensions ont resurgi ces derniers mois entre Addis Abeba et les autorités tigréennes, faisant craindre un nouveau conflit. Les deux camps, qui s'accusent mutuellement de vouloir lancer une nouvelle offensive, ont récemment à nouveau massé des forces à la frontière de la région.

Les élections n'avaient pu être organisée non plus dans huit circonscriptions de l'Amhara, deuxième État régional le plus peuplé, où les milices nationalistes Fano, qui affrontent depuis plus de trois ans les forces fédérales, avaient menacé de s'en prendre au processus électoral.

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26:04

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L'ambition de moderniser l'économie

Selon l'ONG Acled, spécialisée dans l'observation des conflits, les Fano ont provoqué le jour de l'élection "au moins 90 affrontements avec les forces de sécurité dans toute" l'Amhara.

En Oromia, l'Armée de libération oromo (OLA), autre groupe rebelle, a également perturbé l'élection, en attaquant des villages.

La mission d'observation de l'Union africaine (UA) a souligné que le scrutin s'était déroulé dans "un contexte sécuritaire difficile, notamment dans certaines parties des régions d'Oromia, d'Amhara et du Tigré, où l'insécurité a affecté les activités politiques, les préparatifs électoraux et la participation des électeurs".

Depuis son arrivée au pouvoir, Abiy Ahmed a affirmé sa volonté de moderniser une économie encore très largement administrée par l'État. De grands travaux ont été entrepris, notamment une vaste rénovation des grandes villes du pays. La construction du plus grand aéroport du continent a officiellement commencé en janvier.

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