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Tigré : le pouvoir éthiopien impose une administration intérimaire

16 octobre 2026

Le gouvernement éthiopien a instauré une administration intérimaire chargée de gouverner le Tigré pour six mois. Elle est censée rétablir la sécurité, relancer les services publics et préparer des élections régionales.

Ethiopie Addis Abeba 2026 | Photo du Premier ministre Abiy Ahmed avec les dirigeants intérimaires nommés dans le Tigré
Le bureau du Premier ministre Abiy Ahmed (au centre) a nommé plusieurs responsables pour diriger le Tigré durant les six prochains moisImage : Office of the Prime Minister-Ethiopia

Selon le bureau du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, la nouvelle admnistration intérimaire installée au Tigré est censée, dans les six prochains mois, rétablir la sécurité, relancer les services publics et préparer des élections régionales. Addis-Abeba et le TPLF s'accusent mutuellement d'avoir provoqué une nouvelle phase de combats qui met à mal l'accord de Pretoria.

Une administration intérimaire aux pouvoirs étendus

Le gouvernement intérimaire remplacera l'administration régionale jusqu'ici en place et dirigée par le TPLF (Front de libération du peuple du Tigré). Il a été chargé de plusieurs missions comme rétablir la sécurité et l'ordre public dans la région du Tigré, en proie à des combats ces dernières semaines. Il devra aussi reconstruire les infrastructures endommagées par les conflits, restaurer les services publics, coordonner le désarmement et la réintégration des combattants, faciliter le retour des déplacés internes et préparer, dans un délai de six mois, la tenue d'élections régionales "libres et transparentes". Les habitants du Tigré n'ont pas pu voter aux élections fédérales organisées le 1er juin dernier en Ethiopie.

D'après le communiqué relayé par Ethiopia Today,  il est précisé que "la nouvelle administration devra accorder la priorité aux intérêts nationaux de l'Éthiopie et à son intégrité territoriale, tout en préservant les intérêts fondamentaux de la population du Tigré." Et que, par ailleurs, "jusqu'à l'entrée en fonction d'un gouvernement élu, elle ne devra pas engager d'initiatives ayant des implications stratégiques de long terme au-delà de l'administration courante et de la préparation des élections."

Pour les six prochains mois, plusieurs responsables ont ainsi été nommés par Addis Abeba dont les soldats ont repris, début octobre, la ville de Mekele, capitale régionale du Tigré. Les troupes du TPLF et leurs alliés ont été repoussées après leurs premières avancées dans la région voisine de l'Afar. Les milliers de soldats érythréens déployés dans le Tigré en soutien au TPLF ont dû se replier sous le pilonnage des drones de l'armée fédérale.

Les personnes déplacées espèrent pouvoir rentrer chez elles mais elles critiquent le manque d'impartialité de l'administration provisoireImage : Esayas Gelaw/DW

Pacification ou reprise en main du Tigré ?

Le gouvernement d'Abiy Ahmed espère stabiliser la région avant la tenue des élections. Ses détracteurs dénoncent une mise sous tutelle du Tigré par le pouvoir fédéral, alors que les tensions s'accentuent avec l'Erythrée voisine, et que l'inquiétude monte quant à une nouvelle déstabilisation de la Corne de l'Afrique.

Dans la crise tigréenne, le gouvernement fédéral accuse le TPLF de ne "pas avoir voulu la paix" et relancé les hostilités en septembre dernier. De son côté, le TPLF conteste la légitimité de l'offensive menée par l'armée fédérale.

Cette reprise du conflit remet en cause les engagements pris dans le cadre de l'accord de Pretoria, en novembre 2022, qui avait mis un terme à la guerre meurtrière de 2020-2022 dans le Tigré.

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