Acculée par le terrorisme djihadiste, l'AES se défend
20 novembre 2025
Au cours de cette réunion consacrée à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel, l'Alliance a également dénoncé "les ingérences et les pratiques du passé".
Dans ce contexte, Human Rights Watch a demandé à l’Union européenne de revoir sa stratégie au Sahel, notamment pour venir au secours des populations civiles qui subissent les violences des groupes armées, mais aussi des militaires.
C’est Issa Konfourou, ambassadeur du Mali à New York, qui a porté la voix des ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Maliet du Niger. Après avoir appelé à une rupture radicale avec les méthodes passées, Issa Konfourou a souhaité qu'une nouvelle approche soit adoptée, dans le cadre de la lutte contre le djihadisme.
L'AES se dit "entièrement disposée à la coopération" avec les partenaires, mais pose une condition : le "strict respect de la souveraineté de nos États, de nos choix stratégiques et de nos choix de partenaire".
L'UE doit revoir sa stratégie au Sahel
Dans une récente note, l'ONG de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, demande aussi à l'Union européenne de revoir sa stratégie pour le Sahel, notamment pour venir en aide aux populations civiles.
Cette demande a été formulée face à la détérioration de la situation des droits de l'Homme dans les trois pays du Sahel qui sont membres de la confédération des États du Sahel.
"Aussi bien au Mali, qu'au Burkina Faso, la violence s’est accrue contre des civils, à la fois de manière brutale par des groupes armés, mais aussi par les forces de sécurité nationale et leurs alliés respectifs. Donc, l'UE a besoin d'être présente pour affirmer son soutien à ceux qui souhaitent mettre fin à ces violations, pour fournir, avec les autres partenaires internationaux, un soutien et des remèdes", explique à la DW, Philippe Dam, le directeur du plaidoyer de Human Rights Watch pour l'Union européenne à Bruxelles.
Inefficacité des mercenaires Russes
Au Mali, depuis plusieurs semaines, les djihadistes, notamment ceux du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le Jnim, ont imposé un blocus sur les ravitaillements de carburant, asphyxiant l'économie du pays jusqu'à sa capitale, Bamako. En dépit de la présence sur le territoire malien des mercenaires russes d'Africa Corps, dont l'inefficacité a été dénoncée ce jeudi (20.11) à Bruxelles par Jean-Noël Barrot, le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, au cours d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne consacrée à la politique européenne pour le Sahel.
"Personne ne me contredira ici, à Bruxelles, lorsque je dis que la Russie a échoué à tenir ses engagements pris auprès des autorités des pays du Sahel de leur permettre de contenir la progression des groupes terroristes, qui, aujourd'hui, au Mali, encerclent la capitale et opèrent un blocus énergétique qui menace la stabilité du pays et la sécurité de celles et ceux qui y vivent", a-t-il déclaré.
Avertissement du Danemark
Les djihadistes liés à Al-Qaïda comme le Jnim, ou l'État islamique (EI) multiplient leurs attaques dans les trois pays membres de l'AES : le Mali, le Niger, le Burkina Faso.
D'où les avertissements de l’ambassadrice du Danemark auprès des Nations unies, Sandra Jensen Landi, mardi, devant le Conseil de sécurité de l'Onu.
D'après la diplomate, "la direction centrale d’Al-Qaïda demeure faible et largement marginalisée. Mais ses affiliés ont gagné du terrain. Des groupes comme le Jnim au Sahel ont profité des défaillances de l'État pour étendre leur influence et leurs financements. Ils continuent d’inciter aux attaques et de collecter des fonds".
Appels à la mutualisation des forces
Au cours de la réunion du Conseil de sécurité, plusieurs appels à la mutualisation des forces ont été formulés,
Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, a appelé les États du Sahel à mettre de côté leurs différends pour faire face à l'explosion des attaques des groupes jihadistes dans cette région.
Un vœu émis par Omar Alieu Touray, le président de la Commission de la Cédéao. Il a rappelé que "la confiance est nécessaire pour que les pays collaborent dans le partage d'informations et de renseignements, les patrouilles frontalières et les opérations conjointes".