1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

​La nouvelle approche de l'UE et de Washington au Sahel

2 mars 2026

Francis Kpatindé, spécialiste de l'Afrique de l'Ouest, analyse les relations entre les pays européens, les Etats-Unis et les pays du Sahel.

​Les dirigeants des pays membres de l'AES à Niamey le 6 juillet 2024
​Les dirigeants des pays membres de l'AES à Niamey le 6 juillet 2024 Image : Mahamadou Hamidou/REUTERS

Le 25 février dernier, le département d’État américain a annoncé la signature d’un mémorandum d’entente bilatéral d’une durée de cinq ans avec le Burkina Faso. Montant global : 147 millions de dollars. L'appui financier de Washington est destiné à soutenir les efforts fournis par Ouagadougou dans le cadre de la lutte contre le sida.  

Mi-février, les États-Unis ont aussi exprimé leur "respect" de la souveraineté du Niger, au cours d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre de la transition, Ali Mahamane Zeine.

Récemment, le représentant spécial de l'Union européenne pour le Sahel, Joao Cravinho, était en visite à Bamako, malgré la brouille des autorités maliennes avec l'UE. S'agit-il d'un rapprochement entre les pays occidentaux et les régimes militaires du Sahel ?  

L'analyse de Francis Kpatindé, spécialiste de l'Afrique de l'Ouest et maître de conférences à Sciences-Po Paris. 

​DW : L'UE a récemment dépêché dans les capitales de l'AES son envoyé spécial, João Cravinho. Celui-ci a plaidé pour une nouvelle approche que l'UE souhaite mettre en œuvre. Est-ce le début d'un rapprochement entre ces pays et l'UE ?

​L'analyse de Francis Kpatindé

This browser does not support the audio element.

Francis Kpatindé : ​Je pense qu'il faut être prudent parce que le Sahel nous a réservé tellement de surprises ces dernières années.  Non pas qu'il y ait un dégel, mais il y a quand même peut être un frémissement de quelque chose. Donc moi, je dirais qu'il ne s'agit pas encore de rapprochement parce que les relations entre les États, donc les grandes puissances occidentales, notamment européennes et les pays sahéliens, restent tendues ou limitées. 

DW : Après le Niger et le Mali, Washington affiche un certain intérêt pour le Burkina Faso avec la récente signature d'un accord dans le domaine de la lutte contre le VIH/Sida et certaines autres maladies. C'est un bon indicateur, non ? 

Francis Kpatindé : Oui. C'est. C'est un bon indicateur également.Ces puissances occidentales proposent des offres de coopération économique limitée, de coopération humanitaire. Il ya aussi les armées quioffrent des formations en matière de sécurité, pour lutter contre le terrorisme. Et les puissances occidentales savent que demain, si elles laissent faire, elles seront touchées par ricochet. Ce serait irresponsable de leur part de dire que ces pays aspirent à plus de souveraineté, donc il faut les abandonner. Mais il y a également un autre volet. C'est l'intérêt porté par ces puissances occidentales aux minerais. Le Niger a de l'uranium, le Burkina de l'or, le Mali beaucoup d'or.

DW : L'Union européenne semble avoir opté pour l'abandon de sa vision régionale au profit d'une approche pays par pays. Est-ce que vous le pensez aussi ?

Francis Kpatindé : Absolument. D'ailleurs, l'Allemagne est la bienvenue dans beaucoup de pays du Sahel et l'Allemagne continue de garder d'excellents rapports avec certains de ces pays-là. Sinon, tous ces pays ne veulent pas tous suivre la France. Parce que la France est l' ancienne puissance tutélaire de ces trois pays du Sahel : Mali, Niger et Burkina Faso. Du coup, ça peut se comprendre. C'est une histoire d'intérêts. Par ailleurs, la France peut utiliser le canal des autres pays membres de l'Union européenne. Parce que la présence allemande, la présence hongroise par exemple, ça permet, ça offre aussi des fenêtres de discussion et des passerelles qui permettront éventuellement à Paris, par exemple, de garder un minimum de contacts avec le Niger, le Mali et le Burkina.

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW