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PolitiqueAfrique du Sud

Deux fusillades endeuillent l'Afrique du Sud

Patricia Huon
28 septembre 2026

Deux fusillades de masse, 27 morts et des dizaines de blessés. Le président Cyril Ramaphosa a affirmé qu’il était essentiel de faire reculer la criminalité persistante dans le pays.

Un policier sur la scène de l'assaut, à Somerset West, près du Cap
196 personnes ont perdu la vie dans 41 fusillades depuis le début de l'année 2026 en Afrique du Sud.Image : Gianluigi Guercia/AFP

Samedi soir, huit hommes armés de fusils d'assaut ont ouvert le feu sur les clients d'un bar. 17 personnes ont été tuées, quinze autres blessées.

Le drame a eu lieu dans une taverne, à environ 80 kilomètres au sud-ouest de Johannesburg.

La même nuit, dix autres personnes ont été tuées dans une attaque distincte, mais similaire, près de la ville du Cap.

Ces deux fusillades sont survenues quelques jours seulement après un autre raid meurtrier près de Durban, sur la côte est du pays. Le 22 septembre, trois hommes armés avaient fait irruption lors d'une fête dans une résidence privée et tué onze personnes, dont une femme enceinte.

Des fusillades très certainement liées au crime organisé, explique Willem Els, de l'Institut des études sur la sécurité à Pretoria.

"Il semble que le mobile soit différent pour les trois attaques. Au Cap, l'attaque était probablement liée à un système d'extorsion. Dans la province du Gauteng, c'est assez similaire à des fusillades précédentes, où ce sont des gangs de mineurs illégaux qui se battent...", pose Willem Els.

L’association nationale des propriétaires d’armes à feu du pays suggèrent qu’entre 2 et 6 millions d’armes à feu illégales sont en circulation en Afrique du Sud.Image : Emmanuel Croset/AFP

Soixante homicides par jour en moyenne

L'usage d'armes à feu illégales et de gros calibre est récurrent dans ces attaques.  

Par ailleurs, ces fusillades ont lieu dans un contexte où les forces de sécurité sud-africaines sont elles-mêmes confrontées à des accusations de corruption et à des soupçons de liens avec le crime organisé. 

Stanley Maphosa, directeur de Gun Free South Africa, une ONG qui lutte contre la prolifération des armes.

"Des armes à feu sont perdues, d'autres sont volées. A la fois par des civils, mais aussi par les forces de sécurité nationales, y compris la police. Au cours des dernières années, des officiers supérieurs de la police ont été impliqués dans ce trafic qui fait que des armes sortent des armureries de l'Etat et se retrouvent entre les mains des criminels", assure Stanley Maphosa.

Avec 60 homicides par jour en moyenne, l'Afrique du Sud est depuis longtemps confrontée à l'un des taux de criminalité violente les plus importants au monde.

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