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MédiasAllemagne

Berlin veut protéger les mineurs des dangers d'Internet

Marco Wolter | Avec ARD | Avec agences
24 juin 2026

Une commission d'experts recommande au gouvernement allemand une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans et réclame un débat au niveau européen.

Un jeune garçon consulte son smartphone sur un canapé.
Des centaines de milliers d'enfants présentent une addiction aux réseaux sociaux.Image : Annette Riedl/dpa/picture alliance

Une commission d'experts mandatée par le gouvernement allemand formule une cinquantaine de recommandations au ministère de la Famille pour protéger les mineurs sur Internet.

Cette commission estime qu'au-delà des réseaux sociaux eux-mêmes, les écoles, les parents et l'Etat doivent assumer davantage de responsabilités face aux dangers que représente la toile pour les enfants et adolescents, notamment sur leur santé mentale.

Un million de mineurs en Allemagne auraient ainsi une utilisation problématique de plateformes comme TikTok et Instagram. Cela peut se traduire par un usage excessif et incontrôlable des réseaux sociaux au point qu'ils nuisent à la vie sociale et à la santé de la personne. Ainsi, quelque 300.000 jeunes présenteraient un comportement addictif aux réseaux.

La Commission exige ainsi des plateformes qu'elles activent par défaut des paramètres de protection lorsque l'utilisateur est mineur. Elle estime aussi que la publicité personnalisée et des fonctionnalités comme le défilement de contenus infini et la lecture automatique devraient être restreints pour les enfants.

Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 13 ans

Le groupe d'experts préconise également une interdiction aux réseaux sociaux pour les moins de 13 ans. Puis, il recommande des mesures de protection graduelles pour les adolescents jusqu'à leur majorité à 18 ans. En réaction, la ministre allemande de la Famille, Karin Prien, s'est dite favorable à une telle limitation d'âge. 

En revanche, la commission déconseille à Berlin de faire cavalier seul et estime que ce débat doit se jouer niveau de l'Union européenne. 

Karin Prien fait partie du partie conservateur CDU du chancelier Friedrich Merz.Image : Sebastian Gollnow/dpa/picture alliance

Justement, en parallèle à ces travaux, un groupe d'experts de la Commission européenne planche également sur un paquet de mesures. Les résultats devraient être présentés mi-juillet.

L'idée fait son chemin, notamment depuis que l'Australie mais aussi l'Indonésie ont sauté le pas d'imposer des interdictions liées à l'âge. Il y a une dizaine de jours, le Royaume-Uni a également annoncé que les réseaux sociaux seraient proscrits prochainement aux moins de 16 ans.

Le Canada a annoncé son intention de faire de même, et un projet de loi est à l'étude au Parlement français pour les moins de 15 ans.  

Education à l'intelligence artificielle et les dangers des chatbots

Au-delà des réseaux, les moteurs de conversation d'intelligence artificielle comme ChatGPT ou Claude sont également pointés du doigt par la commission d'experts allemande. Elle y voit le risque que ces chatbots finissent par remplacer les amis ou des personnes de confiance. Là aussi, une interdiction pour les moins de 13 ans est préconisée. De plus, les écoles pourraient être amenées à proposer de cours de sensibilisation à l'IA.

Toujours dans la sphère éducative, les experts prônent une interdiction des smartphones à l'école jusqu'à la classe de 5ème, ce qui correspond généralement à un âge des élèves de 12 à 13 ans.

Enfin, les autorités pourraient mettre en place un numéro vert au niveau fédéral destiné aux mineurs souhaitant signaler des contenus ou comportements dangereux ou criminels sur la toile.

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