Sur le départ, l'ambassadeur allemand en RDC dresse un bilan
8 juillet 2026
Politique, économie, sécurité et perspectives institutionnelles : avec notre invité de la semaine, nous revenons sur les principaux enjeux du moment ainsi que sur les souvenirs qu'il gardera de son passage en RDC où il est arrivé en 2023. Lisez ou écoutez l'entretien ci-dessous :
Retranscription de l'interview
DW : Monsieur l'Ambassadeur. Bonjour !
Ingo Herbert : Bonjour !
DW : Vous êtes en fin de mission. Lorsque vous êtes arrivé en RDC, quelle a été votre première impression ou perception du pays ?
Ingo Herbert : Quand même, j'étais étonné de voir, je suis arrivé dans une ville sombre, même si c'était en pleine nuit mais avec très peu d'électricité, alors c'était un peu mystérieux. Je pensais déjà là : ah oui, c'est vraiment une autre planète !
DW : Comment est-ce que l'Allemagne a justement accompagné la RDC sous votre mandat ?
Ingo Herbert : Je dis toujours on a trois grands intérêts. C'est pour nous, bon, le conflit à l'Est, un conflit de 30 ans et un conflit international. Deuxièmement, c'est le bassin du Congo, c'est le, comme on dit toujours, deuxième poumon pour le climat du monde. Là, on est très engagé. Et troisièmement, c'est le rôle pour l'économie globale, pour la transition de nos économies, la transition énergétique et les matières premières qu'on trouve ici en RDC.
DW : Qu'est-ce qui fait justement que vous vous êtes investis là dedans, dans la paix et la cohésion sociale dans l'Est ? Pourquoi ?
Ingo Herbert : Parce qu'on veut soulager cette crise qui existe pour la population. Et on parle très souvent de Nexus, ça veut dire les moyens de coopération avec des programmes, par exemple pour l'infrastructure là-bas, mais aussi un soutien pour la clinique Panzi, du docteur Mukwege pour aider les victimes de la violence sexuelle, particulièrement les femmes. Mais on a aussi des programmes, par exemple dans les écoles, avec des élèves comme médiateurs, quand il y a des tensions dans des écoles. Mais on a aussi les grands projets aussi pour le futur, comme Ruzizi III pour produire l'énergie.
DW : Quand on regarde les dernières années, on a toutes les médiations, où est-ce que, selon vous, il manque un ingrédient et quel serait cet ingrédient ?
Ingo Herbert : Je crois que c'était un manque de volonté politique, mais aussi parce qu'il y a tant des intérêts impliqués. Même si maintenant, avec l'engagement des États-Unis comme soutien, entre le Rwanda, la RDC et Doha, c'est pas la Suisse et les Américains aussi impliqués entre M23 et le gouvernement congolais, il reste encore les autres groupes et ADF, le plus brutal. Si on veut vraiment apaiser cette région, je crois que c'est, bon, encore un long chemin et ça, on a besoin, vraiment une bonne volonté de tous les leaders de la région des Grands Lacs.
DW : On voit qu'il y a une actualité politique actuellement avec la loi sur le référendum qui vient d'être, qui est passée. Est-ce que vous êtes optimiste quand vous regardez l'avenir de la RDC ?
Ingo Herbert : Dès le début, c'était difficile pour la RDC, de la création d'une nation. On n'a pas bien préparé le pays pour l'indépendance. Cette discussion, c'est aussi sur le troisième mandat du président. C'est aux Congolais de décider.
DW : Avec le retour d'Ebola, comment est-ce que l'Allemagne a adapté sa coopération justement face à cette urgence en particulier ?
Ingo Herbert : Déjà avant, on a eu un programme pour soutenir des laboratoires mobiles, la réponse aux maladies tropicales. Cette année, on a encore une fois déclaré, on va augmenter notre soutien pour 13 millions. On a donné 4 millions avant et aussi par l'OMS ou MSF, les Médecins sans frontières, le Comité international de la Croix-Rouge - là aussi, nous sommes un des plus grands bailleurs aussi pour les initiatives internationales de vaccins, de vaccination comme GAFI.
DW : Sur ces belles paroles, merci beaucoup.
Ingo Herbert : Merci à vous.