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Après la présidentielle au Pakistan

Ph.Pognan8 octobre 2007
Victory?
Victory?Image : AP

Le Pakistan a élu samedi un nouveau président...

A peine les opérations de vote terminées au Parlement et dans les assemblées régionales, le camp du président sortant Pervez Musharraf proclamait déjà sa victoire. Toutefois le général, au pouvoir depuis 1999 et de plus en plus contesté dans son pays, devra attendre le 17 octobre pour être sûr de sa victoire. Ce n’est en effet qu’à cette date que seront publiés les résultats officiels. Ce délai doit permettre à la Cour suprême d’examiner les recours de l’opposition...

Le Pakistan se trouve-t-il sur le chemin de la démocratie et de la réconciliation nationale ? C’est du moins ce qu’assure le général Pervez Musharraf. Mais s’il a recueilli samedi la majorité des voix, c’est avant tout parce que les députés de l’opposition à Islamabad et dans quatre assemblées provinciales ont boycotté le vote. Qu’importe, pour le général Musharraf, le vote a été un triomphe:

„Je m’incline devant Dieu tout puissant qui m’a accordé une si large victoire. J’ai prié la population du Pakistan de rejeter tout appel à la grève ou aux manifestations. …et j’ai en outre offert la réconciliation à tous les partis d’opposition .“

Le général président fait comme si sa victoire ne faisait aucun doute. Mais que se passerait il si la Cour suprême devait valider les recours de l’opposition ?... Musharraf qui avait fait savoir qu’en cas de victoire il abandonnerait ses fonctions de chef des armées, n’a pas exclu dans ce cas de proclamer l’état d’urgence. Ce qui ne fait que renforcer les craintes de l’opposition.L’opposant Imran Khan:

„Toute cette guerre contre le terrorisme ne sert qu’à un seul homme. Des soldats et des civils meurent tous les jours dans les zones tribales, les attentats suicides sxe multiplient. Seulement pour qu’un homme reste au pouvoir, ce pays sombre dans le chaos. La guerre civile règne pratiquement dans deux provinces, le fossé entre riches et pauvres grandit chaque jour, sans oublier la corruption – remplacer Musharraf, c’est le but de tous les citoyens du Pakistan.“

Mais face à Musharraff l’opposition pakistanaise se montre divisée. Le parti de l’ancienne chef du gouvernement Benazir Bhutto surtout se montre discret. Mme Bhutto profite de la déclaration de vendredi dernier de Musharraf sur la réconciliation nationale. Les accusations de corruption contre elle ne seront pas maintenues. Mais que Musharraf profite de la division de l’opposition, n’est pas une garantie de stabilité, estime l’ex -Général et analyste politique Shafaqat Mahmood:

„Les trois à six prochains mois seront très turbulents. C’était une élection très controversée. Maintenant, il faut attendre la décision de la Cour Suprême. Suivront alors des élections parlementaires. Seront-elles transparentes et démocratiques ? Musharraf quittera son uniforme. Selon lui il y aura un recentrage du pouvoir. A mon avis, tout cela n’est pas facteur de stabilité. Je vois bien plus des frictions, des problèmes et des difficultés.“

La situation dans le pays est loin d’être calme. Attaques et enlèvements visant les forces de sécurité pakistanaises se sont multipliés depuis l'assaut donné par les forces gouvernementales à la Mosquée rouge d'Islamabad. Hier encore, quatre-vingt-cinq personnes- dont une vingtaine de militaires- ont été tuées au cours de violents combats entre insurgés islamistes et soldats pakistanais dans la zone tribale du Waziristan, le long de la frontière afghane. En outre, 225 soldats capturés à la fin du mois d'août par des activistes du Sud-Waziristan sont toujours portés disparus...

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