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En Guinée, l'armée semble rester fidèle à Mamadi Doumbouya

5 août 2026

En l’absence de Mamadi Doumbouya, en vacances en Grèce, l’armée guinéenne affiche sa loyauté alors que les tensions politiques s’accentuent.

Conakry, Guinea | Mamady Doumbouya
Le général Doumbouya dirige la Guinée d'une main de fer depuis le coup d'Etat de 2021. Image : John Wessels/AFP

Tout est parti de photographies publiées par la présidence de la République. Des clichés pris à l'aéroport international de Conakry lors du départ du président Mamadi Doumbouya, dans l'après-midi de lundi (03.08). Sur ces images, certains Guinéens ont estimé que le chef de l'État semblait affaibli, alimentant de nouvelles spéculations sur son état de santé. Dans ce contexte déjà tendu, les Forces vives de Guinée ont publié, dans la soirée, un communiqué réaffirmant qu'elles ne reconnaissent pas les institutions issues des récentes consultations électorales organisées dans le pays. La coalition a également appelé les Guinéens à "mettre fin à la dictature". 

Plus de 6 millions d'électeurs appelés aux urnes en Guinée

03:03

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L’armée dément tout risque de déstabilisation

Une prise de position qui a rapidement ravivé les tensions dans l'espace public et sur les réseaux sociaux. Face à cette situation, une réaction officielle s'imposait. 

"Les réseaux sociaux favorisent souvent l'agitation. Beaucoup d'informations y circulent, parfois de fausses informations, aussi bien sur l'état de santé du président que sur le moral des troupes dans les casernes. Donc, l'armée s'est dit toujours au service de la République en tant qu'armée républicaine, et (a dit) qu'il n'y aurait pas péril en la demeure, malgré l'absence du président de la République", explique l'analyste Mamadou Dian Baldé.

Dans sa déclaration, le haut commandement militaire a également mis en garde contre toute tentative de désinformation pendant cette période de congé présidentiel. 

Ces dernières années, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations - interdites depuis 2022 - sont réprimées et de nombreux dirigeants de l'opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l'exil.Image : Cellou Binani/AFP

Opposition et société civile dénoncent un climat d’incertitude

"Aujourd'hui, on a le sentiment qu'il y a une certaine panique à bord et que l'on assiste à une guerre de déclarations", observe Ibrahima Balaya Diallo, président du Forum civil guinéen. Pour lui, tout ceci contribue à entretenir un climat d'incertitude.

Il rappelle qu'"après l'intervention du chef d'état-major, Ibrahima Sory Bangoura, une autre annonce a été diffusée à la télévision nationale, hier, disant que tous les pouvoirs sont transférés à monsieur Amara Camara, qui était le secrétaire général à la présidence auparavant. Donc aujourd'hui, on nage dans une profonde incertitude. "

Une analyse partagée par Aliou Barry, du Centre d'analyse et d'études stratégiques. Celui-ci vient d'ailleurs de publier une tribune intitulée "Appel à l'élite guinéenne : rompez le silence et sauvez la République". 

Rappelons, toutefois, qu'aucune information officielle ne permet à ce stade de confirmer les rumeurs circulant sur l'état de santé du président guinéen. Mais son absence temporaire du pays intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, où la moindre image et la moindre déclaration font l'objet de multiples interprétations en Guinée.

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