Premier sommet entre l'Arménie et l'UE
5 mai 2026
L'Arménie est un pays enclavé du Caucase. Il est entouré de la Géorgie, de l'Azerbaïdjan, de l'Iran et de la Turquie.
Ancienne république soviétique, l'Arménie est historiquement liée à la Russie. Le pays a accédé à son indépendance en 1991, après la dissolution de l'URSS.
Erevan est ensuite restée alliée au Kremlin, notamment pour des raisons de sécurité et le pays abrite une base militaire russe.
Mais les relations avec Moscou ont notamment pris un coup, en 2023, lorsque la Russie a refusé de s'interposer dans le conflit au Haut-Karabah, une enclave montagneuse majoritairement peuplée d'Arméniens, mais située en Azerbaïdjan, à la faveur des frontières crées au début de l'ancienne Union soviétique.
Lors d'une guerre éclair, l'Azerbaïdjan a triomphé contre les séparatistes arméniens et provoqué l'exode de quelque 100.000 Arméniens. Depuis, Erevan s'interroge sur la fiabilité de son allié traditionnel.
Dans le même temps, l'Union européenne (UE) cherche à attirer l'Arménie dans sa sphère d'influence. Erevan a adopté l'an dernier une loi déclarant officiellement son intention de se porter candidate à l'UE, dans la continuité d'un partenariat noué en 2017, mais continue à avancer prudemment dans ce rapprochement.
Ce mardi (05.05), l'Arménie et l'UE sont ainsi réunis pour leur tout premier sommet dans la capitale arménienne.
La Russie dénonce le rapprochement avec l'UE
Les dirigeants européens et arméniens ont signé plusieurs accords dans différents domaines comme les transports, l'énergie, la sécurité ou le soutien à l'économie.
"Nous voulons faire de l'Arménie une destination clé pour les investisseurs", a assuré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Pour elle, "l'Arménie peut devenir un hub régional pour les nouvelles routes commerciales mondiales, en particulier dans le domaine crucial des matières premières critiques. Et l'Europe est prête à vous soutenir".
Désormais, "l'UE appelle les entreprises à investir en Arménie. C'est aussi un fait historique, car nous n'avions encore jamais entendu un tel appel, un tel message", s'est félicité le Premier ministre arménien Nikol Pachinian.
Ce rapprochement ne plaît pas à Moscou. En avril dernier, le président russe Vladimir Poutine estimait qu'une adhésion de l'Arménie à l'UE était "tout simplement impossible", car, selon lui, Erevan est déjà membre d'une union douanière avec Moscou.
L'Arménie avait en effet rejoint en 2015 l'Union économique eurasiatique, une alliance dominée par la Russie.
Possible ingérence électorale
Des élections législatives sont prévues dans un mois en Arménie et Bruxelles craint, une fois de plus, la machine de désinformation russe pour influencer l'issue du scrutin.
Le parti de l'actuel Premier ministre est en tête des sondages. Nikol Pachinian, arrivé au pouvoir en 2018 après des manifestations contre le régime post-soviétique, tente de sortir son pays de la tutelle russe et mène une campagne pro-européenne.
Il sera notamment opposé au parti Arménie forte de l'homme d'affaires russo-arménien Samvel Karepetyan, la personne la plus riche du pays, avec une fortune évaluée à plus de quatre milliards de dollars, selon le magazine Forbes. Il a été condamné l'an dernier par la justice arménienne pour avoir appelé à l'insurrection.