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La musique comme combat : Fela Kuti honoré pour son oeuvre

2 février 2026

Le "roi de l‘Afrobeat" Fela Kuti vient de se voir attribuer post-mortem un Grammy Award pour l'ensemble de sa carrière. D'autres artistes luttent aussi par la musique.

Nigeria Lagos 1986 | Afrobeat-Pionier Fela Kuti mit Tänzerinnen seiner Band
Image : Brigani-Art/Heinrich/IMAGO

Le "roi de l‘Afrobeat" est toujours honoré, 30 ans après sa mort. Fela Kuti, musicien nigérian de génie, vient de se voir attribuer un Grammy Award pour l'ensemble de sa carrière. Il devient ainsi le premier artiste africain à obtenir cette récompense. 

Fela Kuti a été, de son vivant, plusieurs fois emprisonné par les autorités militaires de son pays. A l'époque, dans les années 70 et 80, la junte était nigériane. Sa musique était jugée trop contestataire et les militaires ont même tué sa mère, lors d'un raid sur son studio d'enregistrement.

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La création musicale peut devenir une arme qui dérange les leaders politiques autoritaires. A l'exemple de Fela Kuti, donc… mais pas seulement.

Arrestations, perquisitions, meurtre de sa mère par les forces de l'ordre

Fela Kuti a été arrêté à de nombreuses reprises par la police du Nigeria. Son domicile a été plusieurs fois perquisitionné par l'armée et sa musique souvent interdite à la radio. Dans son album "Zombie" par exemple, sorti en 1976, il dénonçait les dérives de l'armée et du gouvernement nigérian. 

Son engagement, c'est aussi ce qui lui a valu une renommée mondiale, jusqu'à aujourd'hui. La preuve ? L'artiste contestataire est mort en 1997 et pourtant, il vient de se voir attribuer un Grammy Award pour l'ensemble de son œuvre, l’une des distinctions les plus prestigieuses de la musique.

Certains de ses fans rencontrés au sanctuaire New Africa construit par la famille de Fela Kuti pour perpétuer son héritage se souviennent de ce qu'ils aimaient chez lui.

"Fela a dénoncé les agissements malhonnêtes du gouvernement et son style musical est unique", dit l'un.

Un autre explique : "Fela signifie beaucoup pour moi, car il a accueilli de nombreuses personnes issues de différents villages et pays." 

Trente ans après sa mort, Fela Kuti laisse encore une empreinte musicale et politique forte Image : Richard Shotwell/Invision/AP Photo/picture alliance

Des artistes militants

Bad Bunny, Almamy KJ, Didier Awadi, Alpha Blondy, Kizito, Miriam Makeba, Gallas… Les exemples de musiciens qui se servent de leur art pour dénoncer des abus de pouvoir sont légion. 

L'artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly a dû quitter son pays, en 2003, après avoir dénoncé la corruption de la classe politique. Il vit désormais en exil au Mali où, après avoir soutenu la création de l'AES, il a critiqué les pouvoirs militaires dans sa chanson "Actualités brûlantes". 

La semaine dernière, la légende du rock américain Bruce Springsteen a interprété, à Minneapolis, une chanson en hommage aux victimes des agents de l'Ice, la police américaine de l'immigration.

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La musique est un moyen d'expression puissant

La musique permet de porter un message, comme dénoncer des injustices – certains morceaux deviennent ainsi des emblèmes générationnels, quand ils accompagnent une lutte collective, des mouvements sociaux. 

On se souvient par exemple de Bob Dylan, qui a soutenu la lutte pour les droits civiques ou contre la guerre du Vietnam, dans les années 1960. Ou de Nina Simone chantant contre la ségrégation raciale.

Les chansons sont aussi souvent un moyen de contourner la censure. En jouant de métaphores ou en recourant à l'humour, elles ont, comme peu d'autres formes d'expression, la capacité de transcender les frontières. 

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