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L'assassinat d'un notable peul inquiète à Bamako

21 mars 2025

Le président d'un marché au bétail et figure respectée à Bamako a été abattu devant son domicile, faisant redouter une escalade des tensions communautaires

Mali politische Krise | Großer Markt in Bamako
En septembre dernier, les autorités maliennes avaient annoncé la fermeture de sept marchés aux bestiaux de BamakoImage : Getty Images/AFP/A. Risemberg

Le septuagénaire, connu pour son engagement en faveur de la paix et de la réconciliation au Mali, a été tué alors qu'il rentrait chez lui. "Lorsqu'il a tourné pour entrer dans la rue menant à sa maison, deux hommes lui ont barré la route et lui ont tiré dessus", a relaté son fils, cité par l'Agence France Presse.

Un contexte explosif

Cet assassinat survient quelques mois après l'enlèvement de Boubou Cissé, en octobre dernier, en pleine contestation contre la fermeture des marchés aux bestiaux de Bamako, décidée par les autorités maliennes. Ces marchés sont détenus en grande partie par des éleveurs peuls qui y vendent leurs bêtes.

Les militaires au pouvoir à Bamako ont affirmé que des combattants djihadistes s'étaient infiltrés dans ces marchés, dont certains auraient été à l'origine de la double attaque du 17 septembre dans la capitale malienne, qui avait fait plus de 70 morts.

Sékou Mamadou Barry, président de Tabital Pulaaku Mali, principale association peule du pays, a dénoncé cet acte odieux et appelé à une enquête. "Boubou Tigal Cissé était un homme de dialogue, un notable respecté. Nous demandons aux autorités de faire toute la lumière sur cet assassinat", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Un climat de suspicion et de violence

Depuis plusieurs années, la communauté peule est régulièrement accusée de connivence avec les groupes jihadistes opérant au Sahel, une stigmatisation qui a déjà conduit à des représailles violentes.

Si, à partir de 2015, de nombreux Peuls ont en effet rejoint le groupe jihadiste Katiba Macina, ils ne sont pas les seuls, car des membres d'autres communautés ont fait de même et combattent aux côtés des jihadistes.

Le Mali, dirigé par des militaires depuis les coups d'Etat de 2020 et 2021, reste en proie à une insécurité, alimentée par les attaques de groupes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique, ainsi que par des tensions communautaires exacerbées.

 

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