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Djihadisme au Mali : les militaires à l'épreuve

13 novembre 2025

Selon l'ancien garde des sceaux malien Mamadou Ismaïla Konaté, les militaires au pouvoir n’ont pas honoré leur promesse de contenir l'extension du djihadisme terroriste.

Des soldats maliens de la 512e compagnie d'infanterie motorisée terminent leur entraînement sous la supervision des forces spéciales américaines
​Des soldats maliens en séances d'entraînement sous la supervision des forces spéciales américaines Image : Ben Curtis/picture alliance/AP Photo

La France rend hommage ce jeudi aux victimes des attentats meurtriers du 13 novembre 2015 à Paris. Plusieurs cérémonies se tiennent sur les différents lieux des tueries tout au long de la journée, en présence du président Emmanuel Macron et de l’ancien président François Hollande.

Si la France s'en souvient, le djihadisme terroriste continue de frapper également certains pays d’Afrique subsaharienne. C’est notamment le cas du Mali, où les attaques répétées menacent la stabilité nationale. Selon Maître Mamadou Ismaïla Konaté, avocat et ancien ministre malien de la Justice, les autorités militaires au pouvoir n’ont pas honoré leur promesse de contenir ce fléau, qui continue de saper les fondements de la nation malienne.

Ainsi, les tragédies de Paris et les violences en Afrique subsaharienne, notamment au Mali rappellent que le terrorisme demeure un défi global, appelant à une vigilance et à une coopération internationale renforcée pour protéger les populations et consolider la paix. 

Et au Mali, les militaires au pouvoir ne peuvent pas l’endiguer seuls, estime Maître Mamadou Ismaïla Konaté, avocat et ancien ministre malien de la Justice. 

L'interview de Maître Mamadou Ismaïla Konaté

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Maître Mamadou Ismaïla Konaté : Cette situation ne fait la dignité de personne. Pas celle de ceux qui ont usurpé le pouvoir, qui se sont installés et se rendent incapables aujourd'hui de protéger le pays, de protéger la nation et de protéger les gens, la sécurité pour laquelle ils sont arrivés.  C'est quelque chose d'impossible pour eux.

Bien évidemment, ces militaires nous mettent devant un choix entre le militarisme et l'autoritarisme qu'ils essaient de nous vendre, et l'islamisme et le djihadisme aujourd'hui.

Et dans les deux cas de figure, le Mali ne peut pas se laisser aller entre ces deux.

Les Maliens doivent pouvoir se prendre en main et aller au-delà de ces deux offres inadmissibles aujourd'hui : l'autoritarisme militaire, le djihadisme.

Les deux sont des systèmes de gouvernement impossible et qui vont à l'encontre de la liberté.

DW : Il y a dix ans, jour pour jour, le 13 novembre 2015, Paris a été la cible d'attentats terroristes. Le terrorisme, plusieurs pays africains au sud du Sahara continuent d'en être victimes, comme le Mali.

Maître Mamadou Ismaïla Konaté : Comment y mettre un terme dès lors que ce régime impotent, n'est pas capable de réunir les Maliens.

Il devient incapable de se battre contre le terrorisme et lui est incapable aujourd'hui d'amener le Mali et les Maliens à la paix et que la souveraineté reviendra au peuple du Mali qui, par les voies et moyens appropriés en droit, se prendra en main, se prendra en charge et dans une unité constante combattre le terrorisme, combattra l'islamisme, combattra le djihadisme. Le tout avec des Maliens réunis, avec des Maliens conscients de l'enjeu national qui ne doit pas etre partisan.

DW : Pourtant, le djihadisme terroriste est antérieur à la prise du pouvoir par les militaires maliens.

Maître Mamadou Ismaïla Konaté : Bien évidemment. Mais ils l'ont exacerbé parce que la seule raison qu'ils ont avancé pour renverser le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta, était liée au fait que l'insécurité était florissante.

La réalité aujourd'hui, c'est que, en tant que , ils sont incapables aujourd'hui de pouvoir préserver les frontières.

Ils sont encore plus incapables de pouvoir maintenir la paix et de se battre contre le terrorisme.

Pour écouter son interview, cliquez sur l'image (ci-dessus).

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