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Autorisation requise au Burkina pour étudier à l’étranger

26 juin 2026

Au Burkina Faso, étudier à l’étranger exige désormais un feu vert officiel. Une décision entre encadrement des talents et contrôle accru des parcours.

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Plusieurs milliers d'étudiants burkinabè vivent hors de leur pays, ils étaient environ 2.500 en France en 2022 selon Campus France, l'agence française de promotion à l'étranger de l'enseignement supérieurImage : Patrick Meinhardt/AFP

Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le capitaine Ibrahim Traoré, multiplie les mesures présentées comme destinées à renforcer la souveraineté du Burkina Faso. La dernière en date concerne les étudiants.

Désormais, qu'ils bénéficient d'une bourse ou qu'ils financent eux-mêmes leurs études, tous les Burkinabè souhaitant partir étudier à l'étranger devront obtenir une autorisation du ministère de l'Enseignement supérieur.

Officiellement, l'objectif est de mieux suivre les formations choisies, d'éviter que des diplômés ne reviennent sans perspectives d'emploi et de préparer leur insertion professionnelle au Burkina Faso. Le gouvernement affirme également vouloir s'assurer que ces formations correspondent à sa vision du développement du pays.

Mais cette décision soulève aussi des interrogations. Pour plusieurs observateurs, elle pourrait constituer un moyen de mieux contrôler les départs vers l'étranger, dans un pays où les autorités ont déjà renforcé leur emprise sur plusieurs secteurs de la société.

Cette mesure intervient après d'autres décisions des militaires au pouvoir, comme l'immersion patriotique obligatoire imposée cette année aux nouveaux bacheliers, avant leur entrée à l'université. Joint au téléphone par la DW, le porte-parole du gouvernement Burkinabè n'a pas donné suite. 

Les étudiants burkinabè souhaitant étudier à l'étranger avaient déjà été affectés en 2023 lorsque la France, l'ex-puissance coloniale avec qui le Burkina entretient des relations glaciales, avait suspendu la délivrance de visas à Ouagadougou dans un contexte de fortes tensionsImage : Valerio Rosati/Zoonar/picture alliance

"Nous croyons que la diaspora a un rôle important à jouer"

Toutefois, la diaspora reste mobilisée pour son pays. À Lyon, en France, par exemple, l’association des Burkinabè accompagne notamment les étudiants afin qu’ils puissent, demain, contribuer au développement du Burkina Faso, explique sa secrétaire générale, Ophélia Dao.

"Et en parallèle, nous soutenons nos projets de développement au Burkina Faso, donc en partenariat avec des acteurs au niveau local, parce que nous, en tant que diaspora burkinabè, nous croyons que la diaspora a un rôle important à jouer, en favorisant également les échanges de compétences, des initiatives économiques, des actions de solidarité et également le dialogue entre les cultures", a affirmé Dao. 

Dans un contexte de tensions diplomatiques avec plusieurs pays occidentaux et avec une volonté affichée des militaires au pouvoir de réduire les influences extérieures, cette nouvelle obligation apparaît donc à la croisée de deux objectifs : limiter la fuite des compétences et inscrire la formation des étudiants dans le projet politique porté par les autorités. 

Reste à voir comment ce dispositif sera appliqué et quel impact il aura sur la mobilité des jeunes Burkinabè.

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