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PolitiqueBangladesh

Le Bangladesh dans l'attente des résultats des législatives

12 février 2026

C’était jour de vote ce jeudi au Bangladesh, un an et demi après les protestations qui ont fait des centaines de morts et provoqué la chute de Sheikh Hasina.

 Les scrutateurs vérifient les documents avant le début du dépouillement des votes.
Les électeurs ont voté jeudi pour choisir des députés et tourner la page des quinze ans du règne de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina.Image : Sajjad Hussain/AFP

Dix-huit mois après la révolution de la Génération Z qui a balayé le pouvoir de Sheikh Hasina, les Bangladais vont donc renouveler leur parlement à l’issue de ces législatives.

En l'absence du parti de Sheikh Hasina déclaré hors-la-loi, le scrutin devrait se jouer entre le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) qui a gouverné quatre fois le pays, et emmené par Tarique Rahman et la coalition menée par les islamistes du Jamaat-e-Islami conduits par Shafiqur Rahman.

Tarique Rahman, de l'exil aux portes du pouvoir

Héritier d'une longue dynastie politique, le chef du BNP Tarique Rahman, 60 ans, s'est dit confiant dans la victoire.

"J'ai confiance, je vais gagner l'élection. Nous aurons une majorité suffisante pour diriger calmement le pays", a-t-il déclaré à la presse après avoir voté.

Tarique Rahman après avoir voté aux élections législativesImage : Mahmud Hossain Opu/AP Photo/dpa/picture alliance

Il a tout de même prévenu : "Si des allégations de fraude sont sérieuses, nous n'épargnerons personne, nous ne voulons pas que le peuple soit privé de ses droits démocratiques".

Le parti peut compter sur un vaste soutien populaire. Une marée humaine attendait son leader, Tarique Rahman, lorsqu'il est rentré au pays, le jour de Noël.

Exilé en Grande-Bretagne pendant dix-sept ans, Tarique Rahman, fils de l’ancienne Première ministre Khaleda Zia, est cependant soupçonné d’avoir trempé dans des affaires de corruption, quand le PNB était aux affaires entre 2001 et 2006. 

Les islamistes veulent créer la surprise

Face à Tarique Rahman, se dresse le chef du Jamaat-e-Islami, Shafiqur Rahman, 67 ans, qui a connu les geôles de Sheikh Hasina. Il ambitionne de devenir le premier Premier ministre islamiste de l'histoire du Bangladesh, un pays à 90% musulman.

En votant dans la matinée, il a promis de "faire tout ce qu'il faut" pour garantir l'honnêteté du scrutin.
Interdit de se présenter aux élections sous Sheikh Hasina, le parti islamiste a patiemment tissé sa toile en finançant différentes œuvres caritatives et a tiré une grande popularité en jouant un rôle actif dans les manifestations de l'été 2024. 

"Pour la première fois, le Jamaat est du bon côté de l'histoire ", estime Thomas Kean de l'ONG Crisis Group. " Beaucoup d'électeurs sont attirés par le Jamaat non pas pour des raisons religieuses, mais parce que le parti est perçu comme moins corrompu et plus discipliné que le BNP. "  

Le chef du Jamaat-e-Islami, Shafiqur Rahman, s'est adressé aux médias après les élections législatives.Image : Sajjad Hussain/AFP

 

Le vote des jeunes  

Fer de lance des émeutes meurtrières de l'été 2024, qui ont fait selon l’ONU près de 1400 morts, les jeunes : les 18-37 ans constituent 44 % du corps électoral et espèrent des changements profonds, dans un pays à l'économie en panne et malade de la corruption.

Forte inflation, chômage en hausse, investissements en berne, l'économie du Bangladesh patauge dans les difficultés. Sa production de textile, la deuxième au monde, n'a pas été épargnée par la crise.      

A la tête du gouvernement provisoire depuis l'été 2024, le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, 85 ans, n'a pas caché pour sa part son soulagement.

"C'est un jour de grande joie pour nous tous (...) la fin du cauchemar et le début d'un nouveau rêve", a-t-il déclaré en appelant les électeurs à ne pas oublier de se prononcer sur les réformes institutionnelles soumises à référendum. Jamaat, comme BNP, sont convaincus de pouvoir obtenir une majorité au Parlement.

La victoire d'un parti islamiste serait une grande première dans l'histoire du pays.

Pour assurer ces législatives, plus de 300.000 soldats, policiers et autres membres des forces de sécurité avaient été mobilisés.
 

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