À Défina, dans la région de Bougouni dans le sud du Mali, une tradition ancestrale continue d’accompagner les travaux agricoles : le Bara.
Ce tambour traditionnel, fabriqué à partir d’une calebasse recouverte de peau de chèvre, rythme les journées de travail collectif dans les champs et aide les cultivateurs à supporter de longues heures d’effort.
Aujourd’hui, ce sont principalement les femmes qui désherbent les parcelles à la daba, une houe traditionnelle, au rythme du Bara. Pour Adiara Coulibaly, cultivatrice, le Bara "encourage" et est une véritable source de motivation.
La transmission aux plus jeunes
Autrefois largement répandu dans plusieurs régions du Mali, le Bara est devenu plus rare. Il est pourtant associé à de nombreux événements de la vie communautaire, comme les travaux champêtres, les mariages ou certaines cérémonies. Selon Issa Koné, chef de la troupe locale, il peut être accompagné d’autres instruments traditionnels "comme le Dunu, le Boyi, le Nguègnè et le balafon", tandis que les danses varient selon le contexte.
Présent autrefois dans plusieurs communautés agricoles du Mali, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, le Bara fait aujourd’hui l’objet d’efforts de préservation.
A Défina, des habitantes comme Awa Sangaré transmettent activement ce savoir aux jeunes générations afin d’empêcher sa disparition. Elle forme déjà de nombreuses jeunes filles à sa pratique, "convaincue que cette pratique ne disparaîtra pas".
L'ambition d'inscrire le Bara au patrimoine de l'Unesco
Cette volonté locale est soutenue par les autorités culturelles. Une étude de cet héritage a été réalisée en en vue d’une éventuelle inscription au patrimoine culturel immatériel.
Selon Sidi Lamine Koné, du Patrimoine culturel du Mali, cette reconnaissance pourrait offrir une protection juridique et encourager de nouvelles initiatives, comme des festivals dédiés au Bara. La sauvegarde de cette tradition dépend toutefois autant de l’engagement des communautés que du soutien des pouvoirs publics.
