Au Mali, une joueuse de kora et une DJ ont choisi des chemins longtemps réservés aux hommes. Réunies au sein de Baya Electrik, elles mêlent tradition mandingue, musique électronique et féminisme dans un concert inédit qui les a déjà menées en tournée à travers l'Afrique.
"Baya" (bambara) est le nom donné aux perles de séduction portées par les femmes au Mali.
Une femme à la kora
Issue d'une famille de griots, Wassa Kouyaté a choisi de jouer de la kora malgré les interdits qui réservent traditionnellement cet instrument aux hommes. Face aux croyances et aux pressions sociales, elle a pu compter sur le soutien de sa famille, notamment de son père, qui lui a offert sa première kora. Aujourd'hui, elle revendique fièrement sa place de musicienne.
Une DJ pionnière
De son vrai nom Marie-Joseph Diakité, MaJo DJ est l'une des premières et rares femmes DJ au Mali. Un métier largement dominé par les hommes. Elle a étudié la danse au conservatoire Balla Fasséké avant de se former au mixage.
Nièce de la militante féministe Fatoumata Siré Diakité, MaJo DJ s'engage aussi à sa façon pour l'émancipation des femmes. Lors de la tournée africaine de Baya Electrik, elle a initié de jeunes filles de N'Djamena, au Tchad, aux techniques du DJ mixing.
Un duo féministe
En 2023, à Bamako, Flore M'Bongo, alors directrice déléguée de l'Institut français de Bamako, provoque la rencontre des deux artistes qui font déjà bouger les lignes. Entre kora et platines, l'alchimie est immédiate. Les deux femmes pionnières s'associent pour révéler leur talent musical avec détermination et une touche de féminisme.
Du Tchad au Maroc, en passant par le Sénégal et la Centrafrique, Baya Electrik a déjà conquis plusieurs scènes africaines. Et le duo n'a pas l'intention de s'arrêter là.
