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Une brigade citoyenne à Beni contre les voleurs de cacao

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Pascal Mapenzi
15 mai 2026

Dans la région de Beni, au Nord-Kivu, le cacao fait vivre des milliers de familles. Mais les vols répétés mettent en péril des mois de travail. Face à cette menace, des jeunes, souvent enfants d’agriculteurs, ont créé des brigades de surveillance pour protéger les plantations et sécuriser les récoltes.

Dans la région de Beni, à l’est de la République démocratique du Congo, le cacao est une ressource vitale pour les agriculteurs. Mais cette richesse attire aussi les voleurs, qui profitent de l’absence des propriétaires pour piller les plantations, parfois avec violence. Pour faire face à ce fléau, des jeunes ont décidé de s’organiser et de prendre en main la protection des champs.

Des patrouilles citoyennes pour défendre les plantations

Chaque jour, de jeunes volontaires comme Francine Salama parcourent les pistes menant aux plantations autour de Mbau, près de Beni. Ils ne sont ni soldats ni policiers, mais forment des brigades de gardiennage chargées de surveiller les champs, en particulier le cacao mûr, très convoité. Certains passent même la nuit sur place pour dissuader les voleurs. Lorsqu’un suspect est interpellé, il est remis à la police.

Ces brigades sont composées en majorité d’enfants d’agriculteurs, parfois eux-mêmes cultivateurs. Sans moyens importants, ils ont choisi de s’unir pour répondre à un problème local qui menaçait directement leurs familles et leurs moyens de subsistance.

Des récoltes sauvées, des espoirs retrouvés

Pour des jeunes comme Tsongo Dorcasse, l’engagement est né d’une expérience douloureuse. Après le vol des récoltes de ses parents, elle a dû abandonner ses études faute de moyens. Aujourd’hui, elle patrouille le long des routes et se réjouit de voir les agriculteurs rentrer chez eux avec leurs sacs de cacao intacts.

Les producteurs, eux, constatent un changement net. Amona Kikuku se souvient d’une époque où des mois de travail pouvaient disparaître en une seule journée. Désormais, grâce à la présence des brigades, les récoltes sont mieux protégées et l’espoir est revenu dans les champs.

Une solidarité locale malgré les risques

À la sortie des plantations, des points de contrôle permettent de vérifier les récoltes et de rassurer les agriculteurs. En signe de reconnaissance, certains producteurs offrent volontairement une partie de leur cacao aux jeunes gardiens.  

Dans l’ombre des cacaoyers, ces jeunes veillent, conscients des risques, mais déterminés à protéger une richesse essentielle à la survie de leurs communautés.

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