Au Bénin, la gratuité pour les filles dans le secondaire
14 septembre 2026
Ce lundi 14 septembre, les cours de récréation résonnent à nouveau au Bénin. Mais cette rentrée marque un tournant historique : la scolarité est désormais entièrement gratuite pour toutes les filles, de la 6e en terminale, dans le public et le technique.
Une bouffée d'oxygène pour les familles et un soulagement pour des jeunes filles comme Nora Azibligbo ou Esther Mondé, qui risquaient d'abandonner l'école.
"Ça m'a rendu heureuse parce que ça enlève une charge pour mes parents", a assuré Nora Azibligbo.
"Après le CEP, beaucoup de filles vont faire de petites formations. Mais grâce à la décision du gouvernement, nous pouvons continuer et avoir de grands diplômes", espère Esther Mondé.
Une aubaine pour les plus défavorisées
L'impact est immédiat : des élèves qui avaient décroché réintègrent le système éducatif. C'est aussi un filet de sécurité vital pour les plus vulnérables, comme Déesse Yémélé Tchoupou, fille de réfugiée.
"Les étrangers paient des cent et des mille, mais comme je suis réfugiée, je n'ai pas payé, donc ça me rassure parce que je peux continuer mes études sans me soucier de comment je vais faire pour payer ma scolarité. Ça m'aide beaucoup à finir mon scrutin scolaire", estime Déesse Yémélé Tchoupou.
Sur le terrain, le corps enseignant salue une mesure qui va freiner le décrochage scolaire en cours d'année, préserver les filles et améliorer leurs performances.
"L'année passée, dans ma classe de terminale, il y avait assez de filles, mais on a commencé à les renvoyer à cause des frais de scolarité. Ça a agi sur le résultat. Donc cette année, on ne va plus connaître ça", assure Ibrahim Aboubakari, enseignant.
Les uniformes et le transport restent payants
Dans les collèges, la mise en œuvre est effective, entraînant un fort engouement dès les inscriptions, comme le constate le directeur du CEG Houéyiho, Saturnin Koffi Gbaguidi.
"C'est une décision salutaire. Que ce soit au premier cycle ou au second cycle, elles s'inscrivent gratuitement, sauf quelques frais annexes. Nous avons encore l'affluence pour pouvoir les recevoir", a déclaré Saturnin Koffi Gbaguidi.
Reste cependant un défi : si la scolarité est désormais offerte, l'achat des fournitures, des uniformes et le transport restent à la charge des parents, en cette journée de rentrée.