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Drone chargé d'explosifs à Leipzig : Berlin accuse Moscou

Marco Wolter | Avec agences
1 septembre 2026

L'Allemagne tient Moscou officiellement pour "responsable" de "l'attaque hybride" à l'aéroport de Leipzig début août.

Johann Wadephul et Alexander Dobrindt lors de leur conférence de presse.
L'Allemagne va fermer au 18 septembre le dernier consulat russe sur son territoire, à Bonn.Image : Kay Nietfeld/dpa/picture alliance

L'Allemagne tient Moscou officiellement pour responsable de l'attaque menée avec un drone chargé d'explosifs début août à l'aéroport de Leipzig, une plateforme clé pour l'armée allemande, l'Otan et le soutien logistique à l'Ukraine.

"Dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig", a déclaré le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt lors d'une courte déclaration, aux côtés du chef de la diplomatie Johann Wadephul.

Début août, un drone chargé d'explosifs avait été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret de l'aéroport, à proximité de plusieurs avions-cargos ukrainiens, et un deuxième engin aurait heurté un avion-cargo de DHL quelques minutes plus tard.

Un troisième drone aurait même été retrouvé dix jours plus tard à l'ouest de l'aéroport, selon des sources proches des autorités.

Une substance pouvant correspondre à environ 50 grammes d'hexogène, un explosif militaire très puissant, a été retrouvée sur place.

"Tentative d'attentat" sur ordre les autorités russes

Alexander Dobrindt a étayé son accusation par le fait que les "moyens d'action observés s'inscrivent "dans le schéma bien connu des opérations hybrides russes en Europe".

Selon lui, "la configuration des drones" et l'utilisation de "divers composants, des explosifs et des dispositifs de mise à feu" renvoient à "d'autres opérations hybrides menées par la Russie et de sa guerre contre l'Ukraine".

Depuis le début de la guerre en Ukraine, en février 2022, l'Allemagne et plusieurs autres Etats européens imputent régulièrement au Kremlin des opérations de déstabilisation.Image : Hendrik Schmidt/dpa/picture alliance

Alexander Dobrindt a parlé d'une "tentative d'attentat" qui relève d'agents dits "jetables", ces derniers ayant agi, selon lui, "sur ordre d'autorités étatiques russes".

Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul a ainsi annoncé la fermeture sous une quinzaine de jours du dernier consulat russe du pays, à Bonn, et d'un centre culturel russe à Berlin suspecté d'héberger des espions.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a aussitôt assuré que l'UE se tenait "pleinement aux côtés" de l'Allemagne face à "l'attaque de la Russie".

Le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte a assuré que l'Alliance défendra ses membres contre "toute menace".

Sabotages, déstabilisation et cyberattaques

Ces attaques hybrides ne concernent pas uniquement l'Allemagne. Les pays baltes estiment être dans le viseur russe, tout comme la Pologne, qui signale une explosion du nombre de cyberattaques qui ont atteint des niveaux sans précédent depuis le début de la guerre en Ukraine

Selon le ministre estonien de la Défense, "ils testent constamment le seuil, la limite de la ligne rouge". Hanno Pevkur assure toutefois que son pays ne réagira "pas de manière excessive tant qu'il ne s'agit pas d'une attaque militaire".

"La Russie s'en prend à l'Europe via une vague d'attaques hybrides qui ont un impact direct grandissant", a déclaré Kaja Kallas. "La Russie cherche à nous dissuader d'aider l'Ukraine, mais elle n'y arrivera pas", a-t-elle ajouté, alors que les ministres européens de la Défense se retrouvent ce mardi (01.09) et mercredi à Wicklow, près de Dublin, en Irlande.

L'Union européenne tente de trouver une réponse aux attaques hybrides mais aussi à l'intensification des frappes russes en Ukraine.

Le drone muni d'explosifs, découvert près d'un avion cargo ukrainien, avait été neutralisé par un robot de la police.Image : Hendrik Schmidt/dpa/picture alliance

L'Ukraine veut pouvoir intercepter les missiles balistiques russes

La nuit dernière a encore été marquée par des bombardements meurtriers sur Kiev, alors que Moscou dit se préparer à des "frappes massives" contre les infrastructures énergétiques en Ukraine.

Raison pour laquelle le président ukrainien Volodymyr Zelensky continue à demander des capacités de défense antiaérienne aux pays alliés.

Car si l'armée ukrainienne dispose de toute une batterie d'intercepteurs, elle manque de ceux qui permettent de contrer les tirs de missiles balistiques russes, notamment les Patriot de fabrication américaine.

Selon Kaja Kallas, "certains pays disposent d'intercepteurs qui arriveront bientôt à expiration". Ainsi, elle plaide pour que ce matériel soit donné à l'Ukraine.

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