1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

À Bissau, des voix réclament le retour du président déchu

Mahamadou Saley | Fernando Amós
26 février 2026

Trois mois après le putsch la transition militaire montre des signes de fragilité et certains réclament le retour du président déchu, Umaro Sissoco Embaló.

Umaro Sissoco Embalo en Russie le 26 février 2025
La Guinée-Bissau a connu cinq coups d'Etat réussis depuis son indépendance du Portugal en 1974Image : Kristina Kormilitsyna/Sputnik/REUTERS

Réunis autour du mouvement Sissoko, ces jeunes défendent la légitimité d’Umaro Sissoco Embalo. Pour eux, il demeure l’homme politique capable de résoudre la crise politique en Guinée-Bissau.  

Selon Takundé Keita, l’un des responsables du mouvement, une large frange de la population, notamment les jeunes, continue de croire au président renversé par les militaires.

"Nous parlons de la jeunesse. J’ai 42 ans, certes, mais je parle au nom de cette jeunesse. Depuis l’indépendance, nous avons observé l’évolution de notre pays et, ces dernières années, nous avons constaté des changements positifs en Guinée-Bissau, sous la direction de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Nous, qui vivons ici, avons vu ces changements concrets. En tant que jeunes, nous pensons qu’il peut nous offrir de meilleures perspectives, davantage qu’aux générations plus âgées", explique Takundé Keita. 

Une pétition lancée

Pour ce responsables du mouvement qui prône le retour du présidentEmbalo, c'est pour ces raisons qu'une pétition a été lancée et un mouvement de soutien à l’ancien président a été créé, un mouvement appelé “Mouvement du non face à la crise et pour le sauvetage”.

"Nous l’avons mis en place à Rio et il bénéficie d’un fort soutien des jeunes : des étudiants, des jeunes sur les bancs de l’école, mais aussi des jeunes sans emploi."

Pour conforter leur position, les membres du mouvement contestent également l’issue de la dernière élection présidentielle, organisée avant le coup d’État. Pour Takundé Keita, le véritable vainqueur serait Umaro Sissoco Embaló.

"Lors des dernières élections, certains affirment qu’il les a perdues, d’autres qu’il les a remportées. Mais nous, qui sommes ici, savons ce qui s’est réellement passé et nous sommes convaincus qu’il a gagné l’élection présidentielle. Cependant, nous ne sommes pas l’organe compétent pour proclamer les résultats. Nous attendons que l’institution habilitée le fasse officiellement. C’est pourquoi nous demandons son retour, dans de bonnes conditions, afin qu’il puisse se présenter à l’élection. Et nous sommes convaincus qu’il remportera le scrutin, dès le premier tour."

La Guinée-Bissau est dirigée depuis novembre 2025 par des militaires qui ont renversé le président Umaro Sissoco EmbaloImage : Patrick Meinhardt/AFP/Getty Images

La dispora monte au créneau

Au sein de la diaspora, la mobilisation vise aussi lesmilitaires putschistes. Ce mercredi matin (25.02.2026), des jeunes se sont rassemblés devant le Parlement portugais pour exiger un retour immédiat à l’ordre constitutionnel.  

Selon eux, les libertés et les droits fondamentaux continuent d’être bafoués par les militaires au pouvoir. 

"Nous sommes ici devant l’Assemblée de la République portugaise. Nous sommes venus manifester contre la situation politique que traverse notre pays et exiger du Sénégal, ainsi que de l’ensemble des dirigeants de la Cédéao, qu’ils veillent à l’application de la dernière résolution concernant la Guinée-Bissau. À ce jour, la situation reste préoccupante. Le Dr Domingos Simões Pereira, président de l’Assemblée nationale populaire, élu par le peuple guinéen, demeure empêché de circuler librement et reste bloqué dans sa résidence. Nous dénonçons une atteinte grave aux institutions démocratiques et à la volonté du peuple."

La mobilisation se poursuit donc, que celle-ci soit en faveur de l’ancien président, ou simplement contre les militaires arrivés au pouvoir par un coup d’Etat. Reste à savoir si la feuille de route annoncée permettra un retour apaisé à l’ordre constitutionnel, ou si les tensions actuelles annoncent une nouvelle phase d’instabilité. 

Mahamadou Saley Correspondant DW Maradi
Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW