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La vie reprend son cours en Guinée-Bissau

28 novembre 2025

Deux jours après le coup d’État militaire, les marchés, les écoles et certaines activités reprennent à Bissau. L'Union africaine suspend le pays de ses instances.

Une vue sur une artère de Bissau, relativement calme.
L'Union africaine annonce avoir suspendu la Guinée-Bissau de ses instances.Image : Alison Cabral/DW

La vie reprend progressivement son cours normal à Bissau, deux jours après le coup d'Etat (26.11), la nomination du général Horta N'Tam comme président de la transition et la désignation ce vendredi d'un Premier ministre, en la personne de Ilidio Vieira Té, qui a été le dernier ministre des Finances du président destitué Umaro Sissoco Embalo.

Administration marchés et commerces recommencent à fonctionner, certains transports recommencent à rouler. Pour de nombreux Bissau-Guinéens, comme Ibrahima Fall, l'urgence est de retrouver son quotidien "C'est normal, dit-il. A Bissau, c'est comme ça. Un jour, deux jours, et c'est fini. Tout le monde continue, fait son travail et son business".

Ibrahima Fall explique être habitué à ce type d'événements, alors que le pays a déjà connu quatre coups d'État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974. "Tous les gens d'ici savent comment le gouvernement travaille dans ce pays, le comportement du gouvernement avec militaires. Donc, aujourd'hui, la vie reprend", raconte-t-il.

Ilidio Vieira Té est devenu Premier ministre et ministre des Finances de la transition.Image : Djariatú Baldé/DW

Un peu plus loin, une habitante est contente de rouvrir son petit commerce après le putsch, elle se permet juste de citer ses articles sur son étale : "Je vends des fruits : oranges, pommes, mandarines pastèques, beaucoup de fruits. Je suis contente de reprendre mes activités."

Pour cet autre habitant qui préfère garder l'anonymat, la Cédéao, qui a suivi tout le processus électoral, ne doit pas permettre aux militaires de confisquer le pouvoir.

Il estime que "la Cédéao est là, elle doit restaurer et condamner le coup d'Etat. Elle doit remettre le pouvoir à celui qui a gagné les élections ; les militaires doivent entrer dans leurs casernes. Iils veulent camoufler les résultats pour leur permettre de s'installer au pouvoir, donc la Cédéao ne doit pas admettre cela."

Ecoutez le reportage à Bissau...

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Jeudi soir (27.11), un avion affrété par le gouvernement sénégalais grâce à l'implication du président ivoirien a permis l'exfiltration du président déchu. Umaro Sissoko Embalo est arrivé "sain et sauf" à Dakar, selon le ministère sénégalais des Affaires étrangères.

Cette évacuation survient dans un contexte de forte pression diplomatique : la Cédéao et l'Union africaine condamnent le putsch et exigent le rétablissement de l'ordre constitutionnel, la libération des détenus et la garantie d'un retour à des institutions démocratiques en Guinée Bissau.

Ce vendredi soir, l'UA suspend le pays de ses instances la Guinée-Bissau "avec effet immédiat", selon le président de la Commission de l'organisation Mahamoud Ali Youssouf.

En dépit des craintes de répression et de nouvelles tensions, certains habitants de la capitale voient dans ce redémarrage progressif des activités un signe d'espoir : l'annonce d'un retour à la stabilité.

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