Boris Johnson accepte de démissionner
7 juillet 2022
Boris Johnson a annoncé ce jeudi sa démission de son poste à la tête du parti conservateur dans une déclaration. Il a fait savoir qu'il resterait Premier ministre jusqu'à la désignation de son successeur.
A 58 ans, le héros du Brexit, ancien maire de Londres et grand vainqueur des élections législatives en tant que chef des conservateurs fin 2019, ne cesse de naviguer à vue dans un océan agité.
Une cinquantaine de collaborateurs de Boris Johnson avaient déjà fait défection, estimant que leur chef n’est plus légitime pour gouverner le pays. "Enough is enough", traduisez "ça suffit" : voilà les mots de Sajid Javid, le ministre de la Santé démissionnaire, lors de son intervention devant la chambre basse du Parlement à Londres, face à un Boris Johnson esquissant un léger sourire pincé.
Les critiques ont fusé lors de la séance de questions hebdomadaire au gouvernement, alors que la vague des démissions a continué à déferler sur le Premier ministre britannique. "Je ne pense pas qu’il est en mesure d’assurer le leadership dont le pays a besoin", a lancé le député conservateur David Johnson, en claquant la porte de l’administration. Pour Claire Coutinho, une autre députée sur le départ, les "événements ne permettent pas d’être concentré" sur l’essentiel.
Les événements, ce sont les scandales à répétition qui secouent le 10 Downing Street depuis le Partygate, ces fêtes organisées dans le jardin de la résidence du Premier ministre, en pleine pandémie de coronavirus, alors que le pays se trouvait confiné. L’une de ces fêtes s’est même déroulée la veille des funérailles du Prince Philip, le mari de la Reine Elisabeth II.
Crise de confiance
Depuis, Boris Johnson n’est jamais sorti de la tourmente, s’enfonçant dans une crise de confiance, poussant la presse britannique à estimer que le Premier ministre a atteint le point de non-retour. Plusieurs affaires à caractères sexuel ont affaibli son camp, avec un député soupçonné de viol et un ancien parlementaire condamné pour agression sexuelle sur mineur.
Boris Johnson avait malgré cette tempête survécu à un vote de défiance de son propre camp il y a quelques semaines. Et voilà qu’une nouvelle affaire est venue remettre une pièce dans la machine, le Premier ministre étant contraint de présenter ses excuses pour avoir nommé au gouvernement un homme qu’il savait accusé d’attouchements sexuels dans le passé.