Bras de fer entre Bush et les démocrates
26 avril 2007
Quatre ans après l’intervention américaine, le chaos règne toujours en Irak et les fragiles institutions politiques mises en place sont encore incapables d’apporter la stabilité au pays. Aux Etats-Unis, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer le départ des forces américaines. Selon un sondage publié hier par la chaîne NBC et le Wall Street Journal, 56% des Américains estiment qu'une victoire en Irak n'est plus possible et expriment leur accord avec les démocrates pour fixer un calendrier de retrait des troupes. Un retrait qui s’impose déjà depuis longtemps, selon la présidente démocrate du parlement Nancy Pelosi :
« Cette guerre demande des efforts inacceptables à notre armée, qui risque ne plus pouvoir protéger le peuple américain. Au lieu de rendre le monde plus sûr, la guerre en Irak a affaibli notre capacité à protéger notre nation contre le terrorisme international. »
Pour forcer la main du gouvernement, la majorité démocrate du parlement a donc décidé de poser des conditions au financement de la guerre. Le projet de loi voté hier soir accorde un budget de 100 milliards de dollars pour les conflits en Irak et en Afghanistan, mais exige en contrepartie que le retrait des troupes commence au plus tard le 1er octobre prochain. John Murtha, député démocrate de Pennsylvanie :
« Cette guerre a été si mal gérée que nous avons la responsabilité de forcer la Maison Blanche à rendre des comptes. La politique irakienne n’est pas déterminée par l’armée, mais par la Maison Blanche et nous devons mettre le gouvernement face à ses responsabilités pour les erreurs qu’il a commises. »
Le hic dans la stratégie des députés démocrates, c’est que le président américain dispose d’un droit de veto sur les lois adoptées par le parlement. Un droit dont George W. Bush a bien l’intention de se servir. Avant même son adoption, le président avait fait savoir qu’il opposerait son veto au projet de loi et a demandé aux parlementaires de travailler à un nouveau texte.