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"La crise humanitaire en RDC est la plus prolongée"

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18 novembre 2025

Selon Bruno Lemarquis, Coordonnateur résident et humanitaire de l'Onu en RDC, la crise dans le pays est négligée par les politiques, les médias et parfois tolérée.

 La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une combinaison de risques qui fragilisent durablement sa stabilité : conflits locaux liés aux terres et à la transmission des pouvoirs coutumiers, tensions autour des ressources naturelles, et affrontements à dimension sous-régionale.

À ces défis sécuritaires s’ajoutent des catastrophes naturelles, la RDC étant classée cinquième pays le plus vulnérable au changement climatique, ainsi que des épidémies récurrentes telles que le choléra, le Mpox et Ebola. Ces crises touchent une population dont une grande partie vit dans la pauvreté, incapable d’absorber ces chocs.

Bruno Lemarquis, haut responsable onusien, souligne que la prévention reste difficile à promouvoir car elle est "invisible" et ne se prête pas à des inaugurations.

Pourtant, la réduction drastique de l’aide humanitaire depuis un an, notamment celle des États-Unis dont dépendait fortement la RDC, crée une opportunité : repenser les politiques pour intégrer la prévention, l’anticipation et la gestion des risques. "La meilleure réponse humanitaire, c’est de diminuer les besoins humanitaires", insiste-t-il.

Depuis 30 ans, la RDC traverse ce que Lemarquis qualifie de " crise humanitaire la plus prolongée au monde", avec des proportions épiques : plus de 21 millions de personnes ont besoin d’aide, 5,7 millions sont déplacées à l’intérieur du pays et un million ont trouvé refuge à l’étranger. Cette crise, souvent négligée et parfois tolérée, est avant tout une crise de protection, touchant particulièrement les femmes et les filles.

La prise de Goma et Bukavu par le M23 en janvier 2025 a aggravé la situation, modifiant la nature des déplacements : les camps de déplacés ont été démantelés, entraînant des retours volontaires ou forcés, parfois dans des zones où l’accès à la terre est contesté. Ces tensions pourraient alimenter de futurs conflits si elles ne sont pas gérées.

Face à ces défis, Lemarquis plaide pour un investissement dans des solutions structurelles : harmonisation des règles de succession coutumière, résolution des conflits fonciers, et développement économique.

Il rappelle que la solidarité interne reste la première réponse humanitaire en RDC, mais appelle à un changement de paradigme : "Il faut sortir de la dépendance à l’aide et bâtir la résilience. "