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Des adolescentes burkinabè racontent leur premier ramadan

Alida Tapsoba
20 mars 2026

Témoignages de jeunes filles qui parlent de leur premier ramadan à Ouagadougou entre découvertes, foi et apprentissage.

Ramadan: une jeune femme voilée sur un marché de Dakar (illustration de 2025)
Les jeunes femmes interrogées ont l'impression d'avoir appris de ce mois de privationsImage : SEYLLOU/AFP/Getty Images

Chaque année, le ramadan transforme le quotidien des habitants de Ouagadougou. Pour de nombreuses jeunes filles, ce mois sacré marque une première expérience, parfois exigeante, mais toujours riche en découvertes spirituelles et personnelles.

Ramadan à Ouagadougou : un moment de foi et de transmission

Dans la capitale burkinabè, le ramadan dépasse largement le cadre du simple jeûne. Il s’agit d’un moment de partage, d’éducation religieuse et de renforcement de la communauté. Les plus jeunes y voient une occasion unique de s’initier aux rites musulmans, en s’inspirant de leurs proches.

Niger : le coco solidaire de Hadjia Biba pendant le ramadan

03:20

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Rokya, 17 ans : « Le plus dur, c'était de se réveiller pour la prière »

Pour Rokya, 17 ans, ce premier ramadan a été un véritable défi physique. Petite de taille et peu habituée aux contraintes du jeûne, elle raconte son expérience avec franchise :

« C’est mon premier ramadan et ça s'est très bien passé. J'ai vu qu'à mon travail, il y avait des amis qui jeûnaient. Donc, j'ai décidé de jeûner aussi, pour voir. […] La prière m'a beaucoup fatiguée. Ce n'était pas facile pour moi de me réveiller à quatre heures pour prier. »

Comme elle, de nombreux jeunes sont motivés par leur entourage — amis, collègues, voisins — qui leur transmettent la valeur spirituelle du jeûne.

Hilary, 16 ans : une découverte spirituelle malgré les maux de tête

Hilary, 16 ans, a elle aussi vécu son premier ramadan. Si elle a été éprouvée physiquement, l’expérience l’a rapprochée de sa foi.

« Le ramadan s'est bien passé, mais ce qui m'a fatiguée, ce sont les maux de tête. Ça m'a appris à me rapprocher de ma religion. »

Un témoignage qui reflète l’état d’esprit de nombreux jeunes : malgré la fatigue, l’envie d’apprendre et de comprendre l’essence du ramadan reste intacte.

Le ramadan, une période de partage et de solidarité

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Le rôle clé des familles et des guides religieux

Derrière ces premières expériences se trouvent souvent des parents ou des leaders religieux, qui jouent un rôle fondamental dans l’accompagnement spirituel des jeunes. L’imam Omar Kaboré, de la mosquée de Bonheur-Ville, explique :

« Ce que nous leur enseignons pour leur premier ramadan, c’est que leur privation d’eau et de nourriture est pour leur foi. […] Dès l’âge de six ans, nous commençons à initier les enfants à la prière. »

L’apprentissage se fait progressivement, dans un cadre bienveillant, pour que les jeunes comprennent la signification profonde du jeûne et des prières quotidiennes.

De nombreuses femmes doivent continuer de préparer à manger pendant le mois de jeûneImage : Issouf Sanogo/AFP/Getty Images

Un rite d’initiation largement partagé au Burkina Faso

Avec près de 64 % de musulmans au Burkina Faso, le ramadan est une pratique centrale dans la vie sociale et familiale. Les jeunes s’inspirent naturellement de leurs aînés et trouvent dans ce mois sacré une occasion d’affirmation religieuse et personnelle.

Entre fatigue et satisfaction : un premier ramadan marquant

Malgré les réveils difficiles, les maux de tête ou la soif, les jeunes filles rencontrées à Ouagadougou tirent un bilan positif de leur premier ramadan. Toutes évoquent un sentiment d’accomplissement, une meilleure discipline spirituelle et une fierté d’avoir franchi cette étape importante de leur vie de musulmanes.

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