Les Burkinabè invités à signaler tout comportement suspect
30 avril 2026
Tout comme les autres pays de l'AES, le Burkina Faso est également confronté au péril djihadjiste. C'est pourquoi, les autorités ont décidé de prendre des mesures pour renforcer la sécurité sur tout le territoire national. Cette mesure a été prise au lendemain des attaques djihadistes coordonnées au Mali voisin.
À travers l’opération Wibga 2, les autorités appellent les populations à signaler tout comportement suspect, en particulier autour des infrastructures sensibles comme les casernes, les aéroports, les bâtiments administratifs et autres installations d'intérêt national.
Approche participative
Au-delà du déploiement des Forces de défense et de sécurité, le ministère de la Sécurité mise sur une approche participative, fondée sur la " coproduction" de la sécurité, avec au cœur du dispositif, la vigilance citoyenne. Comment cette stratégie va-t-elle concrètement se mettre en place sur le terrain ?
Dans un contexte sécuritaire sahélien toujours préoccupant, le gouvernement burkinabè appelle les populations à redoubler de vigilance sur l’ensemble du territoire. Dans un communiqué largement diffusé, les autorités ont annoncé le lancement de l’opération Wibga 2.
Cette opération vise à prévenir les menaces sécuritaires et à renforcer la protection des personnes et des biens.
Dans ce quartier périphérique de la capitale, Ouagadougou, les habitants se disent bien conscients de la situation sécuritaire que traverse actuellement le pays.
"Quoi qu’on dise, il y a beaucoup de choses qui circulent dans notre pays que nous ne savons pas. Et connaissant aussi ce qui se passe dans les pays voisins, dans d’autres pays, c’est dangereux et cette opération peut-être va permettre de réduire au minimum, voilà, les risques de circulation de tout ce qui est dangereux pour nous-mêmes" témoigne un habitant de Ouagadougou au micro de la DW.
Mise en garde contre des comportements suspect
Le communiqué du gouvernement met en garde contre plusieurs comportements suspects à signaler sans délai aux forces de sécurité. Parmi eux : l’achat de produits ou de composants pouvant servir à la fabrication d’explosifs, ou encore l’occupation soudaine de logements par des individus refusant tout contact avec le voisinage. Pour cette habitante de la capitale burkinabè, la vigilance est désormais de mise, mais sans céder à la panique.
"Ça n’a pas créé de peur, mais plutôt une prise de conscience parce qu'aujourd'hui je regarde davantage mon environnement. Dans la pratique franchement, je compte rester vigilante, parce que souvent il faut bien observer les comportements suspects, il faut échanger même avec les voisins. L’idée serait de protéger notre environnement tout en maintenant une bonne entente entre habitants. Voilà, quand on voit une personne vraiment… On sent que c’est bizarre, c’est mieux d’appeler qui de droit " soutient pour sa part cette riveraine d'un quartier de Ouagadougou.
Signalement
L’opération Wibga 2 prévoit également le signalement de hausses inhabituelles dans l’achat de vivres. Mais sur le terrain, l’application de ces consignes soulève certaines interrogations, notamment chez les commerçants.
Un gérant d’alimentation explique la difficulté de faire la distinction entre un achat suspect de denrées et une commande exceptionnelle, liée par exemple à un événement familial ou social.
Wibga 2 repose sur un modèle de coproduction de la sécurité, qui suppose une forte implication des Burkinabè, aussi bien dans la capitale que dans les autres régions du pays.
"Vu la situation actuelle en matière de sécurité, en tout cas cette opération est la bienvenue. Et surtout au niveau interne, parce que c’est une opération qui sera menée au niveau interne, à l’intérieur même du pays. Donc je vois que c’est une bonne chose, mais une chose est là : il faut que la population arrive à collaborer".
Entre prévention et surveillance, l’opération Wibga 2 fait du citoyen un maillon essentiel dans la lutte contre les menaces sécuritaires, selon le ministre de la Sécurité.