Le cimetière allemand oublié du Burundi

This browser does not support the video element.
À Rugombo, à 72 kilomètres de Bujumbura, se trouve un cimetière militaire allemand presque méconnu des Burundais.
Ce site, vestige de la colonisation allemande au début du XXᵉ siècle, abrite 38 tombes de soldats tombés entre 1905 et 1915, lors des affrontements entre forces coloniales allemandes et troupes alliées britanniques et belges pendant la Première Guerre mondiale.
Depuis 1997, son entretien est assuré grâce au soutien de l’ambassade d’Allemagne et de l’Association allemande pour l’entretien des sépultures de guerre.
Un lieu de mémoire discret mais symbolique
Le gardien, Emmanuel Ntancuti, veille sur ce cimetière depuis trois décennies. Il accueille des visiteurs variés : étudiants, diplomates, militaires et parfois des ressortissants étrangers.
Pourtant, ce site reste peu connu du grand public burundais, alors qu’il constitue un témoignage historique unique. Pour des visiteurs comme Jackson Bahati, il s’agit d’un symbole à la fois historique et touristique.
Les Askaris, les oubliés de l’Histoire
Parmi les 38 tombes, seules huit portent les noms de soldats allemands. Les autres appartiennent aux Askaris, ces soldats africains enrôlés par les puissances coloniales.
Leurs sépultures, souvent anonymes, rappellent la dimension africaine de la Première Guerre mondiale, trop souvent minimisée. Pour des enseignants comme Célestin Ahishakiye, ce site est essentiel pour transmettre aux jeunes générations du Burundil’esprit critique et la mémoire des conséquences des conflits.
Ce cimetière interroge encore : entre mémoire, silence et reconnaissance, il rappelle que le Burundi fut partie prenante d’un conflit mondial dont les récits négligent souvent le rôle des Africains.