Burundi : l'explosion qui a rompu le calme de tout Bujumbura
1 avril 2026
Peu après 18h, des détonations impressionnantes et un épais nuage de fumée ont obscurci le ciel de Bujumbura. Il s’agissait d’un magasin d’armement militaire en feu dans le sud de la ville, a immédiatement communiqué l’armée pour rassurer la population, alors que dans la capitale économique, c’était la panique.
Clovis Ndayizeye rentrait du travail en ce moment-là. Jusqu’à présent, il ne sait pas où se trouvent ses enfants :
"Nous avons entendu des bruits de bombes un peu partout, et on nous a bloqué la route pour rentrer. Nous sommes allés voir les enfants qui jouaient au jardin public, mais nous ne les avons pas trouvés. Ils étaient partis eux aussi, criant qu’ils pouvaient rentrer, mais ils n’ont pas pu. On ne sait pas où ils sont, c’est vraiment une désolation," explique Clovis, bouleversé.
L'accident a fait des victimes
Les explosions ont duré près de quatre heures. Dans le sud de Bujumbura, à proximité du site, Ntikarahava Arcade a vu sa domestique percutée par une roquette, qui l’a tuée sur le coup.
Ntikarahava Arcade sortait de chez lui quand il y a eu une première et une deuxième explosion. "J’étais dans la chambre, les enfants étaient au salon. Une autre roquette a explosé à travers la toiture, transperçant le mur et l’armoire. Alors que les enfants tentaient de se coucher, elle a été touchée aux côtes, et en est morte, dit-il
Le deuil a également touché Philbert Ndihokubwayo. Sa domestique Yvette Iradukunda, 20 ans, a été tuée par un obus à Bujumbura. Philbert très éprouvé, témoigne de l’incident :
"Hier, vers 18h50, un projectile a traversé les murs de notre maison et a emporté la vie d’une jeune domestique. Le tir venait de Musaga, si l’on analyse bien la trajectoire. Il a traversé trois murs en détruisant une garde-robe et d’autres effets ménagers sur son passage", conclut-il.
Les familles réclament de l'assistance
Certaines personnes sont toujours portées disparues. Les familles touchées réclament une assistance matérielle et financière pour les funérailles et des soins médicaux pour les blessés.
C’est une première au Burundi. Ailleurs en Afrique, de graves accidents similaires ont déjà eu lieu, notamment au Mozambique en 2007 et à Brazzaville en 2012, où des explosions dans un camp militaire, dues à un court-circuit a fait plus de 200 morts.
Antéditeste Niragira à Bujumbura pour la DW.