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Au camp de Busuma, les réfugiés congolais manquent de tout

26 février 2026

Au camp de Busuma au Burundi, les conditions sanitaires sont alarmantes en raison de l’insuffisance de toilettes et du manque d’eau potable.

Burundi Busuma 2026 | camp de Busuma
Des dizaines de milliers de Congolais vivent dans le camp de BusumaImage : Antédisteste Niragira/DW

Le poste-frontière entre la ville congolaise d’Uvira et celle, côté burundais, de Gatumba, a été rouvert, ce lundi, sur décision des autorités burundaises.   

Mais des dizaines de milliers de Congolais vivent encore dans les camps de réfugiés au Burundi, deux mois après avoir fui leur pays, à la suite de la prise de la ville d’Uvira par les rebelles du M23.   

Au camp de Busuma, les conditions sanitaires sont alarmantes, notamment en raison de l’insuffisance de toilettes et du manque d’eau potable. Kafisi Mapenzi est un réfugié congolais au camp de Busuma. Il décrit l’insuffisance de toilettes et le manque d’eau, avec le risque d’épidémie que ça représente.  

"Dans mon quartier, où j’habite, il n’y a pas d’eau, pas de toilettes, nous souffrons tellement", se plaint à la DW, un réfugié.   

"Pas d’eau… Quand il faut faire vos besoins, vous faites comment ?", demande la DW.

"On va dans la brousse, là-bas. Soit on creuse en dessous, là où on puise de l’eau, et on fait nos besoins. Si vous marchez là-bas… Les odeurs, ça pue vraiment, ça dérange."

Au camp de Busuma, les conditions sanitaires sont alarmantes (audio)

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De nombreux décès

Un autre réfugié, Nyama Tuwasamehe, évoque des décès qui, selon lui, se compteraient par centaines dans le camp.   

"Nous vivons comme des animaux dans la forêt. Il n’y a pas vraiment de soins médicaux. Si on est malade, la probabilité majeure, c’est de mourir. Vous pouvez descendre sur le terrain et demander le nombre de morts. Vous les trouverez, c’est beaucoup ! "

Il n’a pas été possible de vérifier le chiffre annoncé de centaines de morts, mais nous avons assisté à l’enterrement d’un enfant de quatre ans. Au cimetière, près du camp, le nombre de tombes augmente.  

À l’occasion de la visite d’un haut cadre du HCR, survenue avant la réouverture de la frontière d’Uvira, des réfugiés ont exprimé leur colère et la police burundaise a dû tirer en l’air pour disperser les protestataires. 

Accès limité aux soins

En attendant de pouvoir rentrer chez eux, les réfugiés continuent de se laver dans l’eau polluée des rivières. L’accès aux soins reste limité et les traitements inadaptés, dénonce Kafisi Mapenzi.  

"Par exemple, si tu as mal à la tête, on te donne du métronidazole (un antibiotique pour les infections bactériennes, ndlr), qui est pour les maux de ventre, ou on te donne du paracétamol. On ne sait même pas si le paracétamol peut combattre la malaria. Et tout ça, c’est le problème que nous avons." 

Les Congolais sont toujours nombreux à fuir l'est de leur paysImage : Antédisteste Niragira/DW

Avec près de 65 000 occupants, le camp est divisé en plusieurs zones et quartiers. L’eau y est acheminée par camions-citernes, mais toutes les parties du camp ne sont pas desservies. Pour Daniel Mulonja, lui aussi réfugié, l’accès à l’eau potable reste un défi majeur.   

"Ici, il y a une carence d’eau. Nous demandons de renforcer le nombre de robinets pour alimenter tout le camp, parce qu’il y a d’autres quartiers qui ne reçoivent pas d’eau. Quand on alimente ici, d’autres quartiers n’en ont pas." 

Depuis la réouverture, le 23 février, de la frontière avec la République démocratique du Congo, au poste-frontière d’Uvira, le processus de rapatriement est en cours de négociation entre le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le Burundi et la RDC.  

Les discussions visent à fixer les modalités du rapatriement volontaire des réfugiés, notamment la question de la sécurité, de la logistique et de leur réintégration. Pour l’instant, personne ne peut dire quand les premiers retours vont débuter.   

Antéditeste Niragira Correspondant multimédia à Bujumbura au Burundi pour le programme francophone de la Deutsche Welle
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