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Burundi : retours difficiles des réfugiés de Tanzanie

17 mars 2026

Les Burundais rapatriés de Tanzanie évoquent des conditions de vie éprouvantes dans les camps et un retour difficile, alors que les besoins humanitaires restent immenses.

Les réfugiés burundais fuient vers la Tanzanie pour échapper à la violence et aux tensions politiques au Burundi
Les opérations se font dans le cadre d'accords tripartites entre le Burundi, la Tanzanie et le HCR.Image : AP/J. Delay

Alors que le Burundi intensifie le rapatriement de ses ressortissants réfugiés en Tanzanie, le pays doit, en même temps, accueillir des milliers de personnes fuyant l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo. Les autorités font donc face à un double défi humanitaire. 

Le rapatriement des réfugiés burundais depuis la Tanzanie est un " retour volontaire ", organisé par les gouvernements burundais et tanzanien, avec l’appui du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le HCR. 

Le camp de Nduta est prévu pour fermer au 30 mars 2026, et celui de Nyarugusu fin juin 2026.Image : DW/K. Tiassou

Conditions de vie précaires dans les camps

Les rapatriés évoquent les difficiles conditions humanitaires dans les camps, comme une des raisons principales de leur retour. 

"On nous donnait une casserole de trois kilos de haricots pour tout le mois. Avec mon enfant, on ne pouvait pas tenir. J’ai décidé de rentrer pour me débrouiller chez nous ", confie à la DW Marianne, qui rentre au Burundi après près de dix ans d’exil en Tanzanie.

Godefroid est également rentrer au Burundi après près de dix ans d’exil en Tanzanie. Il raconte que : " On nous donnait trois kilos de farine par personne et deux kilos de petits-pois. En deux semaines c’était fini, bien avant le mois suivant. "

À leur arrivée au Burundi, les rapatriés sont enregistrés dans des centres de transit, où ils reçoivent de la nourriture et des soins. S’ils peuvent bénéficier d’un transport ou d’une aide financière, ils peuvent rejoindre ensuite leur commune et leur famille. Un retour parfois difficile, comme en témoigne David, encore bloqué dans un centre de transit.

" Nous étions un groupe de 80 personnes et nous ne sommes plus que huit. Nous demandons au gouvernement de nous aider avec les tickets de transport, ou de nous conduire jusqu’à notre maison. "

Un dispositif humanitaire sous pression

La Tanzanie a démantelé des camps de réfugiés (Nduta, Nyarugusu), imposant le retour de plus de 140 000 réfugiés burundais présents.Image : Tchandrou Nitanga/AFP/Getty Images

Dans un contexte de crise humanitaire, le rapatriement est géré conjointement par le gouvernement et les organismes humanitaires. Le HCR insiste sur le besoin de soutiens supplémentaires pour assurer la réintégration de ces réfugiés. 

" Nous avons besoin de beaucoup de soutiens de diverses formes de la part des donateurs. Il y a par exemple l’allocation financière, le transport, mais aussi la réintégration, parce qu’ils doivent être réintégrés", explique Bernard Ntwari, chargé de communication pour le HCR au Burundi.

Ces soutiens sont multiformes et incluent des fonds pour l’accueil et la réinsertion socio-économique des rapatriés pendant trois mois, précise Odette Kamariza, directrice du rapatriement.

" Les rapatriés, lorsqu’ils arrivent dans le pays, reçoivent un paquet-retour en cash. Cela équivaut à 200 dollars par tête, donc par personne. Par exemple, si une famille compte sept personnes, on ne peut pas dire que c’est juste la part de l’homme ou de la femme. Les enfants sont aussi comptabilisés. "

Le Burundi doit gérer le retour de ses ressortissants depuis la Tanzanie, d’ici la fin du mois. Plus de 28 000 burundais sont déjà rentrés depuis janvier 2026. Alors que le pays accueille, par ailleurs, plus de 230 000 réfugiés, surtout Congolais, la pression sur la prise en charge s’accentue.

Antéditeste Niragira Correspondant multimédia à Bujumbura au Burundi pour le programme francophone de la Deutsche Welle
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