Attaque de Niamey : Abidjan dénonce les accusations du Niger
3 février 2026
L’ambassadrice du Niger Badamassi Alfari Sita Sahida Djarori a été convoquée et le gouvernement ivoirien dit ne pas tolérer de telles déclarations.
Le chef du pouvoir militaire au Niger a en effet affirmé que la Côte d’Ivoire, le Bénin et la France soutenaient les djihadistes qui ont attaqué l’aéroport de Niamey.
Au lendemain des accusations faites par le général Abdourahamane Tiani , le gouvernement ivoirien a officiellement convoqué l’ambassadeur du Niger à Abidjan. Dans ce cadre, la ministre ivoirienne des Affaires étrangères Kaba Nialé a exprimé son indignation, rejetant ces accusations considérées comme graves et contraires aux usages diplomatiques et portant "atteinte à l’honneur" du président ivoirien.
Au-delà du gouvernement, certaines organisations et groupes politiques proches du pouvoir ont condamné les accusations du général Abdourahamane Tiani et ont même appelé au rappel de l’ambassadeur ivoirien à Niamey.
"Le gouvernement a aussi rappelé son attachement au dialogue, tout en se réservant « le droit de tirer toutes les conséquences" si la situation devait évoluer négativement" réagit Adama Ouattara est un cadre du RHDP, le parti au pouvoir.
Fragilisation des efforts de coopération
Pour Dao Sékou, expert en politique africaine, des accusations infondées peuvent fragiliser davantage les efforts de coopération entrepris dans la sous-région en matière de sécurité, au moment où le Sahel est confronté à une menace terroriste persistante et transfrontalière.
Dao Sékou estime aussi que le pouvoir militaire de Niamey veut se cacher derrière ces accusations pour justifier son incapacité à contenir les attaques djihadistes sur son territoire.
"Quelles ont été réellement les motivations du général Tiani derrière ces accusations ? Il faut voir en ces accusations une stratégie politique interne. Vous savez que la junte nigérienne est depuis plus de deux ans dans une position fragile face à la montée de l’insécurité, face à l'isolement diplomatique et puis face aux sanctions économiques régionales. Donc, dans ce contexte, cela peut être perçu comme une tactique pour détourner l'attention des problèmes internes, pour renforcer encore et toujours un discours nationaliste, ou légitimer son maintien au pouvoir" affirme-t-il.
Dao Sékou ajoute: "accuser des pays comme la Côte d'Ivoire ou le Bénin pourrait s'inscrire, à mon sens, dans une logique de confrontation avec les forces régionales qui ont mis, à l'époque, la pression sur Niamey. Cependant, il est bon de noter que ce genre d'accusations risque encore d'envenimer la situation, qui prévaut actuellement entre Niamey et Abidjan, avec un risque de crise diplomatique durable si les malentendus ne sont pas rapidement clarifiés."
Sur les réseaux sociaux, des activistes exigent des excuses publiques de l’ambassadrice de Niamey à Abidjan, Badamassi Alfari Sita Sahida Djarori ainsi que, dans un délai de 72 heures, celles des responsables de la communauté nigérienne en Côte d’Ivoire, sous peine de s'en prendre à leurs activités économiques dans le pays.
La communauté nigérienne en Côte d’Ivoire est forte d’environ 700.000 personnes qui sont généralement actives dans l’économie informelle telle que le commerce, les transports et la logistique.