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En Côte d’Ivoire, des migrants de retour au pays témoignent

25 juin 2026

Entre désillusions et réussites, les témoignages de migrants de retour en Côte d'Ivoire révèlent les défis de la réinsertion et relancent le débat sur les politiques d'accompagnement.

Des migrants ivoiriens revenus de Tunisie
Pour les anciens migrants, le retour marque la fin d'un rêve d'ailleurs, mais aussi le début d'un nouveau chapitre. Un chapitre où, malgré les cicatrices du passé, l'espoir d'un avenir meilleur reste possible, chez eux.Image : Hasan Mrad/ZUMA Wire/IMAGO

Derrière les statistiques et les programmes d'aide au retour, se cachent des parcours de vie souvent marqués par l'incertitude. Pour certains anciens migrants, le retour en Côte d'Ivoire n'a pas tenu toutes ses promesses. Entre difficultés économiques, absence de suivi et projets avortés, plusieurs envisagent déjà de reprendre la route de l'exil.

La désillusion après le retour

C'est le cas de Mariette Koffi, mère de famille, qui affirme avoir bénéficié d'un accompagnement de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), avant d'être livrée à elle-même.

"J'ai été accompagnée par l'OIM, mais désormais, plus aucun suivi. C'est-à-dire qu'après l'accompagnement, je suis livrée à moi-même avec mes enfants. Présentement, je suis même endettée par le loyer. Je ne sais même plus comment faire. Ça me donne envie de repartir. Là, on nous demande de rentrer parce que le pays va bien. La jeunesse a du travail. Mais si on rentre et qu'on est livré à nous-mêmes, ça sert à quoi de dire que nous sommes rentrés dans notre pays ?", déplore-t-elle.

Le même sentiment de désillusion anime Kouadio Yao. Après avoir participé à un projet collectif d'élevage de poulets de chair, il explique que l'initiative n'a pas survécu.

"J'ai bénéficié d'un projet collectif qui n'a malheureusement pas marché. Il s'agissait de l'élevage des poulets de chair. On était dans un groupe de dix migrants de retour. Depuis lors, chacun est livré à lui-même. Les tentatives d'activité, d'entrepreneuriat et autres, on les fait toujours. Mais sans les moyens, on éprouve des difficultés. En toute honnêteté, quand je compare ma réalité d'ici et celle que j'ai vécue là-bas, je préfère celle que j'ai vécue là-bas", confie-t-il.

Pour les migrants revenu au pays, il symbolise à la fois la fin d'un périple éprouvant et l'effondrement d'un rêve longtemps nourri. À leur descente d'avion, les visages sont marqués par la fatigue, mais aussi par un profond soulagement d'être enfin de retour au pays. Image : DW/J. Adayé

Des parcours de réinsertion contrastés

Tous les témoignages ne traduisent cependant pas la même réalité. Pour Gnandou Gampo, l'accompagnement reçu après son retour lui a permis de retrouver progressivement une autonomie professionnelle.

Il explique avoir bénéficié d'une assistance de l'OIM et de l'État ivoirien, suivie d'une formation qualifiante.

"J'ai été assisté par l'OIM et le gouvernement de Côte d'Ivoire. Par la suite, j'ai bénéficié d'une formation dans le système des chariots élévateurs. Ensuite, j'ai travaillé sur des projets de sensibilisation avec l'OIM. Désormais, je mène des petites activités par-ci, par-là. Et je travaille aujourd'hui à mon propre compte", raconte-t-il.

Ouvrir le débat sur les défis de la réintégration

Face à ces réalités contrastées, les organisateurs du Salon international de la migration irrégulière entendent créer un véritable espace de dialogue. Leur ambition est d'aborder sans détour les difficultés rencontrées par les migrants de retour afin de réfléchir collectivement aux solutions.

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Les différents intervenants réunis à cette rencontre s'accordent sur un constat : la prévention de la migration irrégulière ne pourra être efficace que si elle s'accompagne de véritables perspectives d'emploi, de formation et d'inclusion pour les jeunes.

Pour Christelle Mélèdje, commissaire générale du Salon, il est indispensable d'affronter cette réalité sans la minimiser.

"L'objectif, c'est qu'on n'occulte pas les difficultés. Mais la réalité est claire. Elle est là, devant nous. On peut trouver des solutions. C'est pour cela que nous avons organisé ce salon. Afin qu'on se regarde, car c'est vrai que parler de migration, c'est parler de nos difficultés en face. C'est un miroir. Mais on n'a pas le choix. Ensemble, on peut y arriver", souligne-t-elle.

Repenser les réponses à la migration irrégulière

Au cœur de cette édition du Salon international de la migration irrégulière, la parole a été donnée aux premiers concernés. Les témoignages des migrants de retour, notamment ceux qui peinent à retrouver une stabilité économique, interrogent l'efficacité des dispositifs actuels de réinsertion.

Pour les participants, les discours doivent désormais évoluer. Sensibiliser aux dangers de la traversée du désert ou de la mer ne suffit plus. Il est désormais nécessaire de construire des projets économiques solides, capables d'offrir de réelles perspectives aux jeunes et de faire des migrants de retour des acteurs du développement de leur pays.

C'était tout l'enjeu du Salon international de la migration irrégulière, qui s'est achevé mercredi 24 juin 2026 à Abidjan.

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