1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Cameroun : la justice condamne Maître Alice Nkom

28 septembre 2026

Maître Alice Nkom réagit à sa condamnation le lundi 21 septembre 2026 à un an de prison avec sursis et à une amende de 500.000 francs CFA, soit environ 760 euros.

Maître Alice Nkom est connue au Cameroun et au-delà pour son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQ+
Maître Alice Nkom est connue au Cameroun et au-delà pour son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQ+Image : Henri Fotso/DW

Maître Alice Nkom est poursuivie pour avoir refusé de déférer à une convocation du préfet de Douala et pour avoir brisé les scellés apposés sur les locaux du Redhac, du Réseau des défenseurs des droits humains d'Afrique centrale (Redhac) dont elle est aussi la présidente du conseil d'administration. Au micro d'Éric Topona, Maître Alice Nkom, connue au Cameroun et au-delà pour son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQ+, a réagi à cette condamnation. Interview.

Maître Alice Nkom : On m'a reproché d'avoir brisé les scellés que Monsieur le sous-préfet est venu apposer un lundi matin sur les portes et toutes les ouvertures du Redhac (le Réseau des défenseurs des droits humains d'Afrique centrale, dont je suis la présidente du conseil d'administration) et de rébellion parce que je n'aurais pas couru à la suite d'une convocation de Monsieur le préfet. La convocation a été envoyée à une adresse du quartier, convoqué en me disant : "Vous êtes dans tel quartier". La convocation est arrivée à un moment où je ne pouvais plus y répondre.

L'interview de Maître Alice Nkom

This browser does not support the audio element.

Dans un dossier comme celui-là qui se déroule à Douala, qui concerne Monsieur le ministre de l'Administration territoriale, les ordres au tribunal viennent de Yaoundé. Le jugement est rendu par Yaoundé. 

DW : Rappelons, Maître Alice Nkom, que le 6 décembre 2024, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a suspendu cinq organisations non gouvernementales, dont le Redhac, pour une durée de trois mois. Il exige de la transparence sur l'identité de leurs bailleurs et sur la gestion de leurs fonds, invoquant des soupçons de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Où en est-on avec ces exigences ?
​

Alice Nkom: Nous existons à partir d'une loi internationale qui est au-dessus même de la Constitution et qui a été signée et ratifiée par le président de la République. Il aurait donc dû envoyer d'abord une équipe d'enquête pour regarder nos livres comptables et interroger tout le monde, avant de sanctionner. Mais je n'ai jamais vu d'équipe de Monsieur le ministre de l'Administration territoriale au Redhac en train d'enquêter sur quoi que ce soit. Nous avons le droit de recevoir des fonds, des financements extérieurs, parce que nous travaillons tous sur les droits de l'homme. Et le Cameroun respecte le principe de la hiérarchie des normes qui veut que la première loi ici au Cameroun, ce n'est pas la Constitution, c'est la convention internationale qui est la loi du Président de la République, avec les autres chefs d'État, qui va être signée et ratifiée par le Président de la République et qui va venir prendre la place en haut de la pyramide des lois du règlement du Cameroun.

Pour écouter l'interview, cliquez sur l'image (ci-dessus).

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW