Bilan mitigé pour Paul Biya cent jours après sa réélection
13 février 2026
Cent jours après la prestation de serment du président Paul Biya,93 ans, le Cameroun attend toujours la formation d'un nouveau gouvernement. Ce début de mandat, marqué par l'absence de gouvernement et les difficultés économiques, suscite donc des critiques au sein de l'opinion publique. Ce retard qui alimente le malaise et renforce le sentiment d'immobilisme au sommet de l'État, s'indigne l'économiste Louis-Marie Kakdeu.
"Dans son message de fin d'année, le 31 décembre, il a annoncé un nouveau gouvernement" rappelle-t-il tout en soulignant que "ce n'est pas encore arrivé".
Louis-Marie Kakdeu se souvient également que Paul Biya "a promis une plus grande place aux jeunes et aux femmes". Mais selon l'économiste "jusqu'ici, c'est une grosse désillusion pour les jeunes et les femmes, parce qu'on continue de voir que les personnes qui occupent, ou bien celles qui bénéficient de ses décrets, sont toujours des personnes du troisième âge."
Un calendrier électoral qui reste flou
Les élections législatives et municipales devraient être reportées, d'après ce qui ressort du discours de Paul Biya le 11 février dernier.Mais pour Jean Moïse Mbog, stratège en communication politique, ce report a une explication.
Selon lui "la crise post-électorale n'est pas résolue, c'est le premier point". Il estime par ailleurs qu'il "ne faut pas se précipiter comme si l'on voulait éluder quelque chose."
Pour Jean Moïse Mbog "d'un autre côté, la question budgétaire est aussi une contrainte à prendre en compte, et le budget vient à peine d'être adopté. Cela laisse donc le temps de faire une ou deux choses avant de se pencher sur les élections locales."
Sur le terrain économique, l'impatience grandit
Le bilan des cent premiers jours de ce nouveau mandat du président Paul Biya est bel et bien sombre, selon l'économiste Louis-Marie Kakdeu.
"On a vu que, dès le mois de janvier, il a autorisé son ministre des Finances à aller partout dans le monde chercher près de 1 650 milliards de francs CFA pour faire fonctionner l'État. C'est inédit. Vraiment inédit. Et cela montre l'état d'un pays en quasi-faillite" estime-t-il.
Entre-temps, les prix continuent de grimper, le chômage demeure élevé, particulièrement chez les jeunes, et le pouvoir d'achat s'effrite.Pour beaucoup de Camerounais, ces cent premiers jours n'ont rien changé à leur réalité quotidienne.