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L'état de santé de Paul Biya : un sujet sensible au Cameroun

29 juillet 2026

La condamnation de l'internaute Patrick Mengue à six mois de prison pour outrage au président Paul Biya relance le débat sur les limites de la liberté d'expression.

Paul Biya lors d'un forum aux Etats-Unis
Le président Paul Biya séjourne actuellement à l'étranger et aucune communication officielle n'a été faite sur son état de santé.Image : Jemal Countess/UPI/newscom/picture alliance

Alors que dans "l'affaire Patrick Mengue", les organisations de défense des droits humains dénoncent une restriction de la liberté d'opinion, les autorités, pour leur part, défendent l'application de la loi. 

La condamnation de l'internaute repose sur le Code pénal camerounais, qui réprime l'outrage au président de la République, mais aussi la diffamation, l'injure et les atteintes à l'honneur des personnes ou des institutions. Des dispositions régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains.

" Il n'y a pas d'implicite ! C'est une interprétation stricte" explique Maître Batang Kolon, avocat au barreau du Cameroun. Selon lui "le jeune homme avait rédigé une prière. Nous nous rendons compte qu'il est maintenant prohibé de faire des prières. Nous sommes vraiment très déçus.”

La décision de la condamnation de Patrick Menguea été prise alors que l'absence prolongée du président Paul Biya alimente les interrogations. Le président séjourne à l'étranger et aucune communication officielle détaillée n'a été faite sur son état de santé.

Les précisions d'Elisabeth Asen

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D'autres cas de condamnations ou arrestations

L'affaire Patrick Mengue s'ajoute à plusieurs précédents. En 2017, l'écrivain et universitaire Patrice Nganang avait été arrêté après des prises de position sur la crise anglophone et poursuivi, notamment, pour outrage au président. 

En 2019, le militant Sébastien Ebala avait été interpellé après plusieurs publications critiques concernant Paul Biya. 

En 2010, le journaliste Jean Bosco Talla avait été, pour sa part, condamné à un an de prison avec sursis et à plus de 3,2 millions de francs CFA d'amende, après un article évoquant une rumeur concernant le chef de l'État.

La question des limites de la liberté d'expression

Pour les défenseurs des droits humains, ces affaires traduisent un recours récurrent aux poursuites pénales contre les voix critiques. 

" Comme Patrick Mengue, beaucoup d'autres personnes sont en prison pour avoir voulu donner leur opinion sur la vie politique" rappelle Cyrille Rolande Bechon, présidente de l'ONG Les Nouveaux Droits de l'Homme qui estime de c'est "dommage qu'un juge ait rendu une décision aussi inique”.

Les autorités camerounaises défendent, elles, l'application de la loi, estimant que ces poursuites visent à protéger les institutions, l'honneur des personnes et l'ordre public.

Mais dans le contexte actuel, la condamnation de Patrick Mengue dépasse désormais son seul cas et relance le débat sur les limites de la liberté d'expression au Cameroun.

Elisabeth Asen Correspondante au Cameroun pour le programme francophone de la Deutsche Welle
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