1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Au Cameroun, Maurice Kamto quitte la présidence du MRC

9 septembre 2026

L’opposant a annoncé sa démission tout en restant membre du Mouvement pour la renaissance du Cameroun. Analyse.

Maurice Kamto lors d'une audience devant la justice.
L'opposant Maurice Kamto avait été réélu président du MRC en décembre, mais le gouvernement a refusé de reconnaître le résultat du vote.Image : AFP

Au Cameroun, Maurice Kamto quitte la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, le MRC. L'opposant a annoncé sa démission, mardi 8 septembre, tout en restant membre du parti.

Cette décision survient dans un contexte de tensions avec le ministère de l'Administration territoriale. Le MRC doit maintenant organiser sa succession, à quelques mois des élections législatives et municipales.

Dans une lettre datée du 8 septembre, Maurice Kamto annonce sa démission de la présidence du MRC, avec effet immédiat. Il évoque "l'intérêt supérieur” du parti, tout en précisant qu'il reste membre du mouvement.

Le premier vice-président national, Mamadou Mota, quitte lui aussi ses fonctions.

Une présidence mouvementée

Pour Pierre Paul Moubitang, président de l'Union pour le réveil de l'Afrique, il est "dommage qu'on arrive à cette situation. Si on pouvait laisser ce monsieur être dans la bataille politique, ce serait formidable. Puisque nous avons choisi le pluralisme, qu'on laisse tout le monde déployer son potentiel".

Ecoutez le reportage à Yaoundé...

This browser does not support the audio element.

Une décision qui doit aussi être replacée dans le contexte politique du MRC, estime Leonel Loumou, conseiller stratégique et politique au cabinet Oring Consulting Group.

Selon lui, le retour de Maurice Kamto à la tête du MRC était déjà fragilisé après son départ vers le Manidem du défunt Anicet Ekane, en 2025, et le rejet de sa candidature à la présidentielle sous cette bannière.

"Depuis le moment où le président Kamto a décidé de boycotter les élections municipales et législatives de 2020, il s'est techniquement et stratégiquement mis en difficulté, explique Leonel Loumou. Voulant donc contourner cela, en 2025, il s'est retrouvé encore dans une autre impasse  qui faisait que, techniquement, il n'était pas fondamentalement un militant du Manidem, il n'était plus un militant du MRC. Et une fois que sa candidature a été révoquée avec le Manidem, son retour au MRC en tant que président était déjà compromis".

Un calcul politique ?

Pour l'analyste Leonel Loumou, cette démission peut désormais ouvrir plusieurs scénarios : "Il pourra toujours diriger idéologiquement le MRC, mais laisser la direction administrative à quelqu'un d'autre. La deuxième option, c'est une embuscade qui pourrait être tendue à leurs adversaires politiques."

Une stratégie qui pourrait, selon lui, passer par une candidature spontanée lors de la convention nationale prévue le 10 octobre prochain.

À quelques mois des législatives et municipales, le MRC prépare donc déjà sa succession. Le secrétaire général a lancé un appel à candidatures. Les dossiers devront être déposés au plus tard le 9 octobre.

Elisabeth Asen Correspondante au Cameroun pour le programme francophone de la Deutsche Welle
Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW