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L'accès à l'eau potable : un combat quotidien pour certains

11 février 2026

À Messassi, quartier populaire de Yaoundé, la journée commence pour de nombreux habitants par une quête essentielle : trouver de l'eau potable.

Des personnes recueillent de l'eau dans un bidon
Avoir accès à l'eau potable reste difficile pour certaines personnes notamment dans les quartiers populaires.Image : Thomas Mukoya/REUTERS

Alors que des experts africains débattent à Yaoundé au Cameroun à l'occasion du 23ᵉ Congrès international et exposition de l'Association africaine de l'Eau et de l'Assainissement, juste à côté, à Messassi, dans la capitale camerounaise, les habitants continuent de lutter chaque jour pour se procurer quelques litres d'eau, parfois au péril de leur santé. 

"Des fois, tu arrives ici et tu trouves au moins 1 000 bidons alignés. Tu peux venir dès 5 heures du matin pour espérer avoir un petit seau, et rentrer seulement vers 13 heures", Alassane explique ainsi son quotidien.

Pour faire face à la pénurie, certains particuliers mettent leurs forages à disposition, moyennant quelques pièces de monnaie. Mais l'offre reste largement insuffisante explique Estelle Ntsama.

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"On peut parfois passer deux à trois jours sans avoir de l'eau en quantité, surtout pour moi qui vends au restaurant" assure-t-elle.

Une eau trouble

Voilà près de six ans que ce calvaire dure pour les populations de Messassi. Selon plusieurs sources, les travaux d'installation d'équipements d'adduction d'eau n'auraient jamais été achevés dans ce quartier et ses environs.

Un peu plus loin, un point d'eau de fortune. Ici, ceux qui n'ont pas les moyens s'y ravitaillent. L'eau est trouble, mais elle sert pourtant à boire, à cuisiner et à se laver. C'est cette eau que consomme Jules Nang, électronicien.

"On est nombreux à la maison. Si on doit aller chercher l'eau du forage, il faut prévoir au moins 1 000 francs CFA par jour, voire plus, avec toutes les dépenses. Nous, on boit cette eau-là, ça ne nous a jamais dérangés" assure Jules.

Selon les Nations unies, des millions de Camerounais n'ont toujours pas accès à une eau potable.

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Des innovations porteuses d'espoir

Certains regards se tournent désormais vers le 23ᵉ Congrès international de l'Association africaine de l'Eau et de l'Assainissement, où une quarantaine d'experts, de décideurs et de partenaires échangent depuis le 9 février 2026 autour de l'accès universel à l'eau en Afrique.

Parmi les pays invités, le Sénégal se distingue comme un modèle, grâce à des solutions innovantes. Selon Mamadou Draman, exposant sénégalais "grâce à l'intelligence artificielle et à l'Internet des objets, nous développons aujourd'hui des équipements capables de détecter les flux d'eau et d'optimiser la production."

Des innovations porteuses d'espoir, alors que pour les habitants de Messassi et d'ailleurs, l'accès à l'eau potable reste encore un combat quotidien.

Elisabeth Asen Correspondante au Cameroun pour le programme francophone de la Deutsche Welle
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