1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Fête des femmes : Pénurie de pagnes du 8 mars à Yaoundé

3 mars 2026

Entre pénurie, spéculation et hausse des prix, les commerçants et clientes peinent à s’y retrouver, tandis que des militantes des droits des femmes dénoncent une récupération commerciale.

Tissus dans un magasin à Niamey
Les pagnes ont une place de choix, tous les ans le 8 mars, lors de la célébration de la fête des femmes. Image : DW/N. Amadou

“On dit que c'est 15 000 F le tissu, habituellement c'est 7 000 ou 8 000 F”, dit Cyrielle Mimb arpentant les boutiques du marché d’Essos à Yaoundé. Elle ne cache pas sa déception.

L’an dernier, à cette période, le pagne coûtait 8 000 à 10000 FCFA. Cette année, les prix peuvent aller jusqu’à 17 000 FCFA cette année. Mais Honorine Mboussi, ménagère, ne se décourage pas: “C'est le prix, on va faire comment ? Ça ne fait qu’augmenter, on va s'adapter.”

Où sont passés les pagnes pour la fête ?

À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, le tissu commémoratif est devenu une denrée rare au Cameroun. 

Devant la Cicam, le distributeur agréé, le pagne est vendu à 10 000 FCFA. Les clients se bousculent pour s'en procurer :

“Je suis là depuis 4h du matin pour le pagne”, dit l'un. “Je me suis levée à 5h pour arriver ici. Comme on parle de pénurie, il faut arriver tôt puisqu'il y a de l'affluence”, insiste l'autre. 

Dans certains quartiers, les commerçants parlent de stocks épuisés dès les premières livraisons. D’autres évoquent des intermédiaires qui achètent en quantité pour revendre plus cher.

Yaoundé, capitale politique du Cameroun est le lieu où des nombreux échanges commerciaux ont lieu. Image : Henri Fotso/DW

Les clientes se renseignent, comparent et repartent bredouilles : “C'est trop cher! Si ça ne va pas, je vais porter le pagne de l'année dernière”, explique Clarisse Ngono, agricultrice à Esse, une localité située dans la région du Centre.

Violences physiques sur les femmes

Pendant que les regards sont tournés sur le pagne, le Cameroun fait face à une réalité beaucoup plus alarmante. Près de quatre femmes sur dix ont été victimes de violences physiques ou sexuelles infligées par leur partenaire intime, selon les données récentes d’Atlasocio, basées sur l’indicateur Violence against Women de l’OCDE. Avec ce chiffre, le pays se classe à la 16ᵉ place mondiale.

Entre 2023 et 2026, 212 féminicides ont été recensés par Griote, la web TV camerounaise 100 % féminine. 

MGF : comment Mary est redevenue autonome après la chirurgie

03:32

This browser does not support the video element.

Selon Viviane Tathi, militante au sein d’une association de défense des droits des femmes, Stop Féminicides 237, ces chiffres devraient interpeller les femmes. “Nous menons des campagnes depuis un moment, pour la prise en compte de cette journée. C'est une responsabilité collective, de changer le narratif autour du 8 mars. Nous rappelons aux femmes que le pagne ne fait pas tout. Elles doivent savoir que nous sommes loin, mais alors très loin d'avoir atteint cette liberté qu'on pense avoir. Si on pense que la liberté c'est seulement le 8 mars, il y a un problème.”

De nombreuses autres féministes dénoncent la récupération commerciale d’un combat pour les droits des femmes.  et exigent que ce symbole ne soit plus associé à cette date de lutte. 

Elisabeth Asen Correspondante au Cameroun pour le programme francophone de la Deutsche Welle
Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW