Cameroun : une réélection qui passe toujours mal
30 octobre 2025
Dans la nuit de mardi à mercredi, l'opposant Issa Tchiroma Bakary, qui revendique la victoire, a appelé ses partisans à rester "déterminés mais pacifiques".
Ceci alors que plusieurs villes du Cameroun ont été secouées par des manifestations sporadiques depuis l'annonce des résultats de la présidentielle.Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 43 ans, a été déclaré vainqueur. Il a ainsi été réélu chef d'Etat pour un huitième mandat.
Une mise en garde
Dans son dernier rapport sur la situation au Cameroun, l'organisation non-gouvernementale International Crisis Group met en garde contre les risques de nouvelles tensions et insiste sur le besoin de pourparlers, alors que les contestations semblent déjà mettre à mal la légitimité de ce nouveau mandat de Paul Biya.
Pour le politologue, Alfred Shango Lokoho, pour apaiser les tensions, tout va dépendre, à présent, tant de l'opposant Issa Tchiroma Bakary que du président déclaré élu Paul Biya.
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A Garoua, fief de Issa Tchiroma Bakary dans le nord du pays, qui a concentré une importante partie de la mobilisation, si les écoles restent fermées, certains commerçants ont repris leurs activités.
Une situation préoccupante
L'ancien ministre passé à l'opposition qui revendique la victoire à la présidentielle a créé la surprise en suscitant un engouement chez les jeunes qui souhaitent visiblement un changement.Il a appelé à plusieurs reprises ses partisans à défendre sa victoire.
Mardi, le gouvernement camerounais a reconnu mardi des morts lors des manifestations et le ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji a également déploré "plusieurs édifices publics, commerces et bien privés, incendiés, saccagés et pillés". Il a fustigé "l'irresponsabilité" de Issa Tchiroma Bakary qui devra selon lui "répondre devant les juridictions compétentes".
La situation au Cameroun préoccupe l'Union européenne, l'Union Africaine et aussi l'Onu qui ont lancé des appels "à la retenue, à l'ouverture d'enquêtes et à la fin des violences".