Cameroun : Tchiroma candidat "consensuel" mais controversé
15 septembre 2025
À un peu moins d'un mois de la présidentielle, l'opposition camerounaise est loin de trouver un candidat consensuel ou même un programme commun. Le choix d'Issa Tchiroma Bakary par une frange de l'opposition comme candidat consensuel est déjà contesté par d'autres partis et candidats.
Ateki Seta Caxton, l'un de onze candidats de l'opposition, salue la démarche de l'Union pour le changement pour un candidat consensuel de l'opposition, mais il la juge non inclusive.
"La candidature de monsieur Issa Tchiroma Bakary, qui a été désignée samedi dernier comme candidat consensuel, je pense que ça fait partie de l'une de ces initiatives parallèles dans lesquelles, moi, en tout cas, en tant que candidat, je ne me suis pas impliqué si fortement. Le paradoxe, c'est qu'on parle de consensus, de candidat consensuel, mais il n'y a pas consensus sur cette candidature", regrette monsieur Ateki.
Le communiqué de l'Union pour le changement, la plateforme qui a désigné Tchiroma Bakary, a évoqué, sans les nommer, une cinquantaine de partis politiques et associations qui soutiendraient cette candidature.
Cette plateforme, dirigée par Anicet Ekane et Djeukam Chameni, affirme continuer de collaborer avec les autres candidats en vue de "mutualiser les énergies".
"On a des problèmes qu'il est urgent de résoudre"
Le choix d'Issa Tchiroma Bakary pour battre le président nonagénaire Paul Biya, dont il a longtemps été proche, mais qu'il a récemment accusé d'être "responsable des malheurs du peuple camerounais", fait aussi réagir la société civile.
Maître Michelle Ndoki, avocate et activiste, pense que la préoccupation des Camerounais est d'avoir du sang neuf et de trouver un candidat qui réponde aux aspirations du peuple.
"Quelqu'un qui pendant 23 ans a accompagné l'action du régime actuel ne nous paraît pas avoir la fraîcheur, le regard neuf, l'énergie nouvelle dont nous avons besoin pour sortir le pays du marasme dans lequel il est. La moitié du territoire est en prise à des conflits armés. Donc on a des problèmes graves, on a des problèmes qu'il est urgent de résoudre et notre préoccupation, c'est : qui nous paraît à même, parmi les candidats retenus, de relever ces défis-là ? Ce n'est pas de savoir qui battra qui ?", s'est interrogée Michelle Ndoki.
Les tractations pour réunir les candidats autour d'une candidature consensuelle se sont accélérées la semaine dernière, avec des consultations ouvertes entre Maurice Kamto, deuxième à la présidentielle de 2018, et les deux anciens ministres démissionnaires, Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary. Aucune décision n'est cependant sortie de ces conciliabules.
Le principal opposant, Maurice Kamto, ancien président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), n'a pour le moment pas donné de consigne de vote.