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La route Douala-Bafoussam en piteux état

14 août 2026

La route nationale 5 du Cameroun, qui relie Douala à Bafoussam et Bamenda n'est pas entretenue. Elle cumule de tristes records de mortalité.

Cameroun| Une intersection déserte à Bamenda (illustration)
Pour se rendre à Bamenda, les voyageurs en partance de Douala prennent des risques sur la routeImage : Jean Marie Ngong Song/DW

Artère vitale pour l'économie camerounaise, la route nationale 5, reliant la capitale économique Douala à la ville de Bafoussam et, au-delà, à Bamenda, dans la région anglophone du Nord-Ouest, cumule de tristes records, avec une dégradation avancée et un taux de mortalité alarmant. 

La détérioration de la route s'explique par le passage ininterrompu de camions et de bus interurbains, par le manque d'investissement dans sa rénovation, mais aussi par le changement climatique. En effet, l'aggravation des précipitations vient dégrader plus encore cet important axe routier.  

Voyage sur une route impraticable

À bord d'un des bus reliant Douala à Bafoussam, le voyage est un calvaire. Les pluies de plus en plus fortes inondent la route nationale 5, rincent l'asphalte, creusent des nids-de-poule géants et provoquent des affaissements de terrain.

Jadis parcourus en trois heures et demie, ces 250 kilomètres de voie vitale pour l'économie du pays exigent désormais environ dix heures d'un voyage très inconfortable. 

Ces jeunes Camerounais qui veulent accélérer le changement

03:21

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Les conducteurs de bus doivent régulièrement faire de longs détours pour éviter des passages devenus trop difficiles. Alice, une voyageuse rencontrée sur le trajet, confirme cette situation : « Cela fait 14 heures que nous sommes partis de Bafoussam. La route principale est carrément impraticable dans le département du Haut-Nkam. On a dû emprunter la route de Yaoundé, alors qu'on n'allait pas à Yaoundé, et bifurquer au niveau de Bagangté, pour retrouver l'axe qui arrive à Douala. On est mort de fatigue et on est plein de douleur dans le corps. »

Le "Triangle de la mort"

L'eau qui s'infiltre fragilise les sols du relief très accidenté de l'Ouest. Le 5 novembre 2024, le drame de la falaise de Dschang – un double éboulement ayant englouti des bus et des voitures, faisant 14 morts – a illustré la vulnérabilité de cette route face aux intempéries. 

Le corridor routier connu sous le nom de "Triangle de la mort" - Douala-Yaoundé-Bafoussam - enregistrerait près de 100 décès par mois, selon certaines estimations. Pour les usagers, l'arrivée à Bafoussam ou à Douala ressemble toujours à une libération douloureuse. C'est ce qu'explique ce voyageur anonyme : « Je suis arrivé ici ce matin à 2 h. Franchement, c'était un calvaire. Moi, je proposerais même que les agences nous prennent de Douala, passent par la nNationale 3, arrivent à Yaoundé et prennent la Nationale 6.  Là, forcément, même si on doit payer le double du prix, ça évitera de faire dix heures ou onze heures de temps sur la Nationale numéro 5 et de se retrouver en pièces détachées, comme c'est le cas... »

Annonce de réhabilitation

Face à cette dégradation, le gouvernement estime la réhabilitation à environ 180 milliards de francs CFA. Mais sur le terrain, la colère des usagers est palpable. Payer des péages pour circuler sur une piste défoncée devient inacceptable, pour Mika Séma, un transporteur : « Je pense que les péages, c'est pour entretenir la route. Et quand nous n'avons pas de route, je ne vois pas pourquoi on devrait payer... Il faut bien que les Camerounais se décident, qu'ils fassent quelque chose pour que cette route soit réhabilitée. »

Alors que les saisons des pluies se font de plus en plus violentes, sans travaux d'envergure, la route entre Douala et Bafoussam risque de continuer à provoquer les pires drames de la circulation routière au Cameroun.

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