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Cameroun: Paul Biya a prêté serment

Eric Topona | Avec agences
6 novembre 2025

Réélu à l'issue de la présidentielle du 12 octobre, le chef de l'Etat sortant, Paul Biya a prêté serment ce 6 novembre à Yaoundé, 43 ans après son arrivée au pouvoir.

Le président sortant du Cameroun, Paul Biya, s'adresse à la foule pendant la campagne électorale à Maroua le 7 octobre 2025
Le président Paul Biya est au pouvoir depuis le 6 novembre 1982Image : Robert Fimbaye/AFP/Getty Images

​Le président du Cameroun Paul Biya, 92 ans dont 43 passés à la tête du Cameroun a prêté serment jeudi (06.11.25) à Yaoundé devant les deux chambres du parlement convoqué à cet effet. "Je ne ménagerai aucun effort pour continuer à être digne de cette confiance", a déclaré le président au cours d'une cérémonie à l'Assemblée nationale, devant des députés, figures politiques et en l'absence de dirigeants étrangers. Paul Biya a dit mesurer "pleinement la gravité de la situation que traverse notre pays. Je mesure le nombre et l'acuité des défis auxquels nous sommes confrontés et je mesure la profondeur des frustrations et l'ampleur des attentes"

Résultats constatés

Selon les résultats officiels publiés par le Conseil constitutionnel, Paul Biya a été déclaré vainqueur de la présidentielle du 12 octobre avec 53,66% des voix. Son challenger, Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre passé à l'opposition, est arrivé loin derrière avec 31,19%. Celui-ci conteste ces chiffres et se serait réfugié au Nigeria voisin.

"Il y a deux présidents désormais, le président élu par le peuple camerounais que je suis et le président nommé par le Conseil constitutionnel que vous connaissez", a écrit Issa Tchiroma Bakary sur ses réseaux sociaux mercredi (05.11.25). Ces derniers jours, il a appelé à plusieurs reprises ses partisans à défendre ce qu'il estime être sa victoire. Des manifestations sporadiques et limitées - quelques centaines de jeunes - dans plusieurs villes du Cameroun ont été réprimées dans le sang après l'annonce le 27 octobre de la réélection du président Paul Biya.

Le gouvernement a reconnu des "pertes en vies humaines" durant ces manifestations sans donner de bilan ou de détails de dates ou lieux.

L'opposant Issa Tchiroma Bakary a aussi appelé à des opérations "villes mortes" de lundi (03.11) à mercredi (05.11), un appel diversement suivi dans les grandes villes du Cameroun. Le mouvement a été largement suivi dans son fief de Garoua ou à Douala, la capitale économique. A Yaoundé, en revanche, la plupart des commerces étaient ouverts, les enfants à l'école et les employés au travail.

Issa Tchiroma Bakary poursuivi par la justice ?

Selon nos confrères d’Africa Intelligence, l'opposantIssa Tchiroma Bakarys’est réfugié à Yola, dans l’Etat nigérian de l’Adamawa, depuis le 29 octobre. Cette information n'a ni été confirmée ni infirmée par son entourage.

D'après toujours Africa Intelligence, l'ancien ministre est placé sous surveillance par les services secrets nigérians et à Yaoundé, le camp présidentiel reste divisé. Si certains membres du gouvernement comme Paul Atanga Nji plaident pour son extradition au Cameroun, d’autres ministres privilégient la voie de l'apaisement avant l’investiture de Paul Biya survenue ce 6 novembre, selon le journal francais.

Le challenger Issa Tchiroma Bakary continue de revendiquer la victoire au scrutin du 12 octobreImage : Desire Danga Essigue/REUTERS

De son côté, le gouvernement a annoncé son intention d'engager des poursuites judiciaires contre l'opposant, dénonçant notamment ses "appels répétés à l'insurrection".

"Aucun des deux camps n'étant disposé à céder, le risque de voir les troubles s'aggraver est élevé", s'est inquiété fin octobre l'International Crisis Group (ICG).

Le centre de réflexion a relayé des incohérences dans les résultats officiels, mises en avant par l'opposition et des organisations de la société civile, et évoque lui-même des chiffres "étonnants".

"Ce conflit risque de dégénérer dans un pays déjà secoué par une rébellion séparatiste dans ses régions anglophones", prévient l'ICG.

L'Union européenne et l'Union africaine ont déploré la violence de la répression des autorités. Le Haut-Commissariat de l'Onu aux droits de l'Homme a appelé à l'ouverture d'une enquête.

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