CDM 2026 : Argentine, la banderole de la discorde
17 juillet 2026
Deux jours après la demi-finale entre l'Argentine et l'Angleterre qui s'est disputée à Atlanta, la rencontre continue de faire parler d'elle. La raison ? Une banderole déployée par les joueurs argentins sur laquelle était inscrite la phrase "les Îles Malouines sont argentines".
Archipel britannique situé à 600 km des côtes argentines, les Malouines, appelées Falkland en anglais, demeurent un sujet sensible dans les relations entre Londres et Buenos Aires, qui continuent de se disputer leur souveraineté.
En 1982, une guerre avait éclaté entre les deux pays à la suite de l'invasion argentine de l'archipel. Les forces britanniques avaient repris les Malouines après 74 jours de combats qui avaient fait 649 morts côté argentin et 255 morts côté britannique.
Un message des supporters relayés par les joueurs
La banderole déployée après le match avait été improvisée par des supporters qui l'ont brandie avant de s'en débarrasser juste avant le coup de sifflet final. Elle a ensuite été récupérée et brandie au coup de sifflet final par des joueurs argentins. Une action que ce supporter argentin a beaucoup appréciée.
"Je pense que les joueurs ont eu tout à fait raison d'agir ainsi. J'ai beaucoup apprécié qu'avant le match, ils aient fait la distinction entre la dimension politique et celle du football, même si tout le monde n'est pas toujours capable de séparer les deux", assure-t-il.
"Ensuite, lorsqu'ils ont apporté leur soutien à cette revendication, j'ai trouvé cela légitime. Pour moi, les joueurs ont eu tout à fait raison de brandir ce drapeau. Et puis, bon, j'imagine qu'ils savent déjà qu'ils vont écoper d'une sanction financière ou quelque chose du genre, et c'est tout. Mais le message en valait la peine."
Le président argentin Javier Milei a déclaré que les Malouines étaient bel et bien argentines et qu'il fallait "tout faire pour les récupérer", mais qu'il fallait "le faire sur le plan diplomatique avec de l'intelligence" dans l'action.
La colère de Londres
Du côté britannique, le déploiement de cette banderole a suscité l'effet inverse. Pour ce vétéran de la guerre des Malouines, il s'agit carrément d'un manque de respect envers les habitants de l'archipel.
"Nous voyons des gens victimes d'intimidation. Ils nous traitent de pirates, alors qu'ils sont les seuls à avoir capturé des navires en haute mer. Ce sont eux les seuls à avoir saisi des bateaux de pêche et des navires de ravitaillement ; c'est eux qui ont fait tout cela, personne d'autre. Ce sont eux qui ont envahi le pays il y a 44 ans", affirme-t-il.
"La Coupe du monde n'est peut-être pas à nous, mais les îles Falkland le sont assurément", a affirmé pour sa part un porte-parole de Downing Street, à Londres, là où siège le Premier ministre britannique.
La FIFA a annoncé examiner "les rapports de match et évalue les circonstances pertinentes avant de se prononcer sur d'éventuelles mesures supplémentaires, conformément au code disciplinaire".