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Donatien Nshole : "Il faut éviter une maladresse politique"

26 mars 2026

La DW a tendu le micro au secrétaire général de la Cenco, alors que le climat politique est tendu autour d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution.

Donatien Nshole interrogé par la presse.
Donatien Nsholé prône le dialogue social.Image : picture-alliance/AP Photo/J. Bompengo

À Kinshasa, lors d’un point de presse ce jeudi, les évêques catholiques ont réaffirmé le rôle de l’Église dans la société congolaise. À travers la voix du secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo, monseigneur Donatien Nshole, les évêques ont rappelé que “l’Église ne peut pas rester indifférente ou muette face aux injustices et aux douleurs qui frappent la population”. 

Dans un climat politique tendu, avec le débat autour d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution, la DW a saisi l’occasion pour interroger Donatien Nshole sur cette question sensible.

Donatien Nshole :  Les évêques se sont déjà prononcés là-dessus. Leur position est la suivante : le principe de la révision constitutionnelle est constitutionnel, entre autres. Le problème n'est pas là.  

Notre conseil porte sur le contexte sécuritaire actuellement. Il faudrait éviter une maladresse politique qui pourrait encore aggraver ou servir de prétexte pour aggraver la situation sécuritaire. Cela n'est pas un jugement par rapport à la légalité (d’une révision constitutionnelle. 

DW : Il est question de la mise en place d'une commission aujourd'hui. Donc le pouvoir semble continuer dans cette direction. Est-ce qu'on peut s'attendre à ce que l'Église prenne position, comme cela avait été le cas avec le régime précédent ? 

Donatien Nshole : Je ne sais pas comment se comporteront les évêques, mais sur le principe, les évêques sont très regardants sur tout ce qui concerne le bien-être de la population et surtout ce qui concerne la paix. 

Il est évident que toute approche politique qui irait dans le sens de menacer la paix sociale ne laissera pas les évêques indifférents. 

DW : Vous parlez beaucoup du pacte social. C'est une question qui revient à chaque fois. Est ce qu'aujourd'hui, vous maintenez votre position ? 

Le contexte sécuritaire que vous évoquez en termes de la dégradation, c'est justement ce qui est urgent aujourd'hui : la mise en œuvre de ce pacte social. Les évêques ont insisté à ne surtout pas le confondre avec un dialogue politique qui vise le partage du pouvoir. 

Le dialogue politique n'est que la troisième étape, parce que le dialogue politique, dans le contexte actuel, contribuera à la paix, au bien-être du peuple congolais. 

S’il se fonde non pas sur le partage du pouvoir, mais sur une feuille de route garantissant la bonne gouvernance de l'Etat et donc le pacte social. 

Le dialogue politique n'est que la troisième étape, parce que le dialogue politique, dans le contexte actuel, contribuera à la paix, au bien-être du peuple congolais s’il se fonde non pas sur le partage du pouvoir, mais sur une feuille de route garantissant la bonne gouvernance de l'Etat. 

Le pacte social, dans sa première étape, c'est d'abord la paix sociale qui passe aussi par la paix communautaire. 

Ecoutez l'interview de Donatien Nshole...

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Les politiciens peuvent avoir un dialogue signé sur papier, on se partage les ministères, mais (cela ne sert à rien) si rien n'est fait au niveau communautaire. 

Donc le dialogue pour nous a trois aspects. Il y a l'aspect de la communauté, l'aspect de la gouvernance, et le troisième aspect, c'est l'aspect politique. 

Il faut séparer le dialogue politique du dialogue des experts qui doivent amener la matière à transformer en feuille de route de gouvernance. Le dialogue politique ne portera pas de faits. La preuve en est que on en a eu plusieurs et nous en sommes là.

DW : Cela fait des mois que vous demandez ce dialogue. Est-ce que vous n'avez pas l'impression de prêcher dans le désert ? Parce qu'en face, il n'y a aucune réponse qui va dans votre sens. 

Donatien Nshole : Je crois que les évêques font leur travail. Certains reprochent à la Cenco de beaucoup parler, mais la Parole de Dieu est claire : annonce la Parole, interviens à temps et à contretemps. Ce ne sont pas les évêques de la Cenco qui ont inventé ça. Dénonce le mal et encourage, c'est la Parole de Dieu. Donc, les évêques sont vraiment dans leur mission. 

Ils sont convaincus que si l’on n'emprunte pas cette voie-là, on sera loin d'avoir une paix durable. 

L'Eglise a aussi son autonomie, tout comme l'Etat. L'Eglise a le droit de prêcher en toute liberté, d'enseigner la doctrine sociale en toute liberté, de porter des jugements sur les questions même politiques. 

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