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L'Africa Corps semble prendre le relais de Wagner à Bangui

Jean-Fernand Koena
30 mars 2026

Le président russe Vladimir Poutine a repris en main la présence de l’ancien groupe Wagner en République centrafricaine.

Les présidents Touadéra et Poutine lors d'un sommet à Saint-Petersbourg.
Le groupe Wagner est tombé en 2023 sous contrôle du ministère russe de la Défense.Image : Artyom Geodakyan/TASS/AP/picture alliance

Le président russe Vladimir Poutine a repris en main la présence de l'ancien groupe Wagner en République centrafricaine. A la suite de sa rencontre avec son homologue centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, à Moscou, début mars, il apparaît que, comme partout ailleurs sur le continent, c'est l'Africa Corps qui s'apprête à prendre désormais le relais à Bangui.

Faustin Archange Touadéra a ainsi plaidé, à Moscou, pour un renforcement du partenariat stratégique avec la Russie, notamment dans le domaine de la sécurité et de l'énergie.   

Mais aussitôt sa visite terminée, alors que les deux chefs d'Etat semblaient s'être mis d'accord sur le redéploiement de l'Africa Corps dans le pays, la tension est montée à Bangui.

En cause : la revendication de l'ancien groupe Wagner qui exigerait de Bangui, avant de partir, le versement d'un solde de tout compte qui s'élèverait à la somme gigantesque de 900 milliards de francs CFA.

Manque de transparence

Cette revendication, présentée par certains médias locaux, a toutefois été démentie par le ministre porte-parole de la présidence, Albert Yaloké Mokpem. Selon lui, "ceci est dit dans le but de créer la panique et de déstabiliser la République centrafricaine".

Même chose du côté de Jules Djawe, le conseiller en communication du président centrafricain, qui a dénoncé des "informations fausses".

Ecoutez le reportage à Bangui...

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Cette situation inquiète malgré tout dans les rues de Bangui. "Le gouvernement devrait nous éclairer sur ce problème", estime cet habitant de la capitale. Un autre pense qu'"il y a de quoi s'inquiéter pour notre nation. Le président de la République nous a entraînés dans cette histoire sans précaution, sans filet de sécurité et surtout à notre insu. On nous les a présentés (le groupe Wagner) dans un premier temps comme des instructeurs, avant de nous rendre compte que c'étaient des combattants qui se sont engagés sur des théâtres d'opérations et après huit ans, on est dépendant de ce groupe et c'est à lui que notre sécurité est sous-traitée".

L'intérêt russe pour l'uranium de Bakouma

Pour l'analyste Fari Thehuruka Shabazz, "l'avenir de la RCA se joue dans une zone grise entre souveraineté fragile et mercenariat d'Etat qui sont représentés non plus par Wagner, qui est un groupe privé, mais par l'Africa Corps qui dépend du ministère de la Défense russe. L'élément central qui va nous permettre de mieux comprendre, c'est la question fondamentale de 900 milliards de francs CFA que réclament les Wagner en termes de dédommagement".

Mais le montant de cette revendication, 900 milliards de francs CFA, soit 1,6 milliard de dollars, n'est pas uniquement démenti par Bangui : il parait peu réaliste. En effet, cela représente environ trois fois le montant du budget centrafricain.

Enfin, il y a la question de l'uranium de Bakouma, dans le sud-est du pays. Ce gisement a été découvert en 1949, mais n'a jamais été exploité et désormais, la Russie semble intéressée, notamment pour développer le nucléaire civil dans ce pays.

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